Qui est Karim Ouali, ce fugitif français recherché par Europol ?

Qui est Karim Ouali, ce fugitif français recherché par Europol ?
Karim Ouali est activement recherché depuis 2011 par les polices d'Europe.

Orange avec AFP, publié le samedi 10 décembre 2016 à 12h56

Un jour, un pays, un criminel. Pour capter l'attention du public, Europol a lancé le 1er décembre son "calendrier de l'Avent" des 24 criminels les plus recherchés d'Europe.

La case numéro 10 a dévoilé ce samedi la photo et le nom d'un fugitif Français, Karim Ouali. Accusé d'avoir assassiné son collègue à la hache en avril 2011, cet homme aujourd'hui âgé de 40 ans voue une "passion" au personnage du Joker dans Batman.

Cinq ans et demi de cavale et de traque, sans réel indice ni preuve de vie. Karim Ouali apparaît ce samedi 10 décembre sur le calendrier de l'Avent "EU most wanted" d'Europol. Cet homme natif du XVIIe arrondissement de Paris est soupçonné d'avoir tué à l'arme blanche l'un de ses supérieurs à l'aéroport de Bâle-Mulhouse (Haut-Rhin) le 27 avril 2011. Ce jour là, le corps de Jean Meyer, 34 ans, est découvert gisant dans son sang dans la tour de contrôle. Il vient de recevoir une dizaine de coups de hache, dont trois ont perforé ses poumons et tranché sa carotide. Il ne faut que quelques heures aux enquêteurs pour identifier un suspect : il s'agit de son collègue Karim Ouali, 34 ans au moment des faits.



UNE CAVALE SOIGNEUSEMENT ORGANISÉE

En arrêt-maladie depuis quatre mois pour des troubles schizophréniques, il n'aurait pas dû se trouver dans la tour de contrôle. Mais les enquêteurs ont pu établir qu'il s'y était introduit peu avant le drame avec son badge d'accès et des témoins l'ont vu quitter précipitamment l'aéroport. Les intenses recherches menées dans la foulée ne donnent rien. Le fugitif semble avoir minutieusement préparé son départ. Il expédie par exemple son téléphone portable en Suisse, à une adresse inconnue afin de brouiller les pistes. Une idée qui a fait perdre deux jours d'enquête aux policiers lancées aux trousses d'un téléphone fantôme, selon Le Parisien. L'homme a également loué plusieurs voitures pour sa fuite.

Six mois plus tard, les enquêteurs retrouvent l'une de ces voitures garée sur le parking d'un centre commercial de Bron, dans la banlieue lyonnaise. Le suspect l'a achetée quelques temps avant le crime, sous une fausse identité. Mais la piste s'arrête là. Des contacts sont pris avec les autorités de pays étrangers, dont l'Algérie, où il a de la famille, ou encore la Suisse, mais sans succès.

UNE PERSONNALITÉ PERTURBÉE

A défaut de le retrouver, le travail des enquêteurs permet au moins de mieux cerner la personnalité pour le moins perturbée du suspect. A son domicile de Saint-Louis (Haut-Rhin), ils ont découvert un crucifix accroché à l'envers ou encore une statue de Bouddha avec à ses pieds des cartes de tarot. Karim Ouali, qui a intégré l'EuroAirport en 2010 après avoir travaillé en région parisienne, est aussi un adepte de la théorie du complot de Denver, selon laquelle l'aéroport du Colorado serait le siège d'une conspiration maçonnique, impliquant des extraterrestres.


L'homme, qui se sentait persécuté, avait envoyé le jour du drame un courrier de menaces à ses collègues de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). C'est pour l'instant le seul élément établissant ses possibles motivations. "La famille de la victime est toujours à la recherche d'un début d'explication", avait expliqué en 2013 à l'AFP leur avocat, Me Thierry Moser, pour qui Jean Meyer, qui était marié et père d'un enfant en bas âge, s'est probablement "trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment". Les témoignages de plusieurs proches ont en effet permis de reconstituer un mystérieux tatouage que le suspect porte sur une cuisse. La signification du dessin est inconnue, mais "c'est un élément d'enquête capital", a souligné le commissaire de l'antenne mulhousienne de la PJ, Christian Reeb. Ce mince élément "va peut-être permettre de susciter de nouveaux témoignages", espère Me Moser.

Le calendrier de l'Avent d'Europol, publié sur Internet et diffusé sur les réseaux socaiux, n'est qu'un échantillon des fugitifs recherchés par l'agence européenne. Deux autres Français, inscrits au fichier Europol, sont également activement recherchés. Il s'agit de David Gras, 46 ans, figure du grand banditisme soupçonné d'être impliqué dans des braquages de fourgons blindés ou d'entrepôts protégés, dont celui d'Orly qui avait coûté la vie d'un convoyeur en septembre 2011. L'autre fugitif est Dominique Delattre, un braqueur de 54 ans évadé de la prison de Nîmes (Gard).

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