"Que va devenir mon père ?" : le cri du cœur d'une fille de producteur laitier

"Que va devenir mon père ?" : le cri du cœur d'une fille de producteur laitier
Photo Facebook de Manon Kernoa, fille d'un producteur de lait.

, publié le jeudi 24 novembre 2016 à 12h07

Manon Kernoa a 16 ans. Elle est la fille d'un producteur de lait de 53 ans installé à Landudec, en pays bigouden (Finistère).

Le 11 novembre, la lycéenne a publié une lettre remarquée sur le groupe Facebook "La bataille des producteurs de lait", dans laquelle elle parle des sacrifices faits par son père et de ses inquiétudes pour la filière agricole.

Dans sa lettre - intitulée "Mon père, ce héros" -, l'adolescente s'émeut tout particulièrement de la situation des agriculteurs français : "Certes, il y a d'autres métiers plus difficiles que celui-là, plus physiques, qui touchent à la santé, à la protection. Mais j'ai peur pour l'avenir. Et oui, à 16 ans, j'ai peur pour l'avenir. Quelle idée ! J'ai peur de ce que les petites fermes de campagne vont devenir. Elles sont ancrées dans nos paysages, ont héritées de nos parents, de nos grands-parents, voire de nos arrière-grands-parents. Elles font partie de notre patrimoine ! Que va devenir mon père, quand il n'y aura plus que des fermes de 1.000 vaches, des usines de poudre à lait ou encore des steaks totalement chimiques ?"

"SAUVONS LES AGRICULTEURS, MANGEZ FRANÇAIS !"

"Connaissez-vous beaucoup de personnes, qui après une semaine de travail déjà difficiles, sacrifieraient leurs weekend-ends en amoureux, leurs vacances en famille, pour nourrir des individus qui n'ont aucune considération de leur travail, qui cherchent toujours à trouver le prix le plus faible pour manger, en ignorant leur provenance, quitte à endetter les agriculteurs français ?". Et de questionner : "Seriez-vous prêt à vous installer dans une exploitation, lorsque tout votre entourage ne vous le conseille pas ? Seriez-vous prêt à suivre votre provocation, alors que l'avenir ne semble pas être à votre avantage ?"



Son cri du cœur n'est pas passé inaperçu : les likes et partages se sont rapidement multipliés. "Je ne m'attendais pas à ça. C'est fou !", a-t-elle expliqué à Ouest-France. "Je me suis toujours intéressée à l'agriculture. Mais on n'aborde pas trop ce sujet en famille". L'un de ses professeurs au lycée Saint-Blaise de Douarnenez, où elle est en terminale ES, l'a également félicitée et "prise dans ses bras". Comment a réagi son père à la tête d'une ferme d'une centaine de vaches ? "Il m'a dit qu'il était fier de moi", a expliqué Manon. "Ça m'a vraiment fait plaisir".

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