Quatre femmes sur cinq négligent leur santé

Quatre femmes sur cinq négligent leur santé
(Photo d'illustration)
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publié le lundi 27 septembre 2021 à 13h29

SONDAGE. Si 77% des femmes repoussent le moment de consulter, 71% d'entre elles assurent qu'elles ne ne manqueraient jamais un rendez-vous médical pour accompagner leurs proches, selon un sondage Elabe pour Axa Prévention.

La grande majorité des femmes font passer la santé de leurs proches avant la leur, révèle une étude Elabe pour Axa Prévention*, dévoilée lundi 27 septembre par Le Parisien.

Selon ce sondage, 81% des femmes interrogées disent prendre en charge la santé de leurs proches avant la leur, contre 75 % des hommes. Elles sont 77% à repousser le moment de consulter et 70% d'entre elles ne se rendent chez le médecin que lorsqu'elles sentent qu'elles ne peuvent plus faire autrement. 




Moins de quatre femmes sur 10 déclarent ainsi effectuer des bilans de santé périodique et seule une femme sur deux dit avoir un suivi gynécologique régulier. Lorsqu'elles sont malades, 85 % affirment pratiquer l'automédication, contre 76 % des hommes.

Ce n'est pas pour autant qu'elles désertent les cabinets médicaux. En effet, 71 % assurent qu'elles ne ne manqueraient jamais un rendez-vous médical pour accompagner leurs proches et plus de la moitié expliquent avoir la responsabilité du suivi et du bilan régulier de la santé des enfants, contre 3% des hommes. 

Les femmes "font toujours passer leurs enfants avant elles et lorsqu'en plus, elles ont des difficultés d'accès aux soins, elles renoncent d'autant plus facilement", constate dans les colonnes du Parisien la généraliste Margot Bayart. "J'ai aussi constaté qu'une partie des 40-50 ans, après leur accouchement, ne prenaient plus le temps d'avoir un suivi gynécologique. Quand je leur demande à quand remonte le dernier frottis, elles répondent parfois : 6, 7, 8 ans. Il m'arrive de leur proposer d'en faire dans mon cabinet et de détecter des débuts de cancer...", déplore-t-elle 

"Les femmes ont progressé sur le plan professionnel, elles ont gagné en responsabilité, mais sur le plan domestique et parental, ça stagne. Depuis trente ans, rien ne bouge vraiment. C'est encore aux femmes que reviennent la majorité des tâches ménagères, le suivi des enfants, de leur scolarité, or une journée n'a que 24 heures", observe de son côté Muriel Salle, maîtresse de conférences à l'université Claude-Bernard à Lyon-I, spécialiste de ces questions. 

Pourtant les femmes sont des malades potentiels comme tout le monde, voire plus. Les médecins alertent surtout sur les risques concernant les maladies cardiovasculaires, dont les signaux sont parfois subtils. "Chez les femmes, les symptômes d'un infarctus sont plus sournois que chez les hommes : cela peut être un essoufflement à l'effort progressif, une irritabilité, une fatigabilité inhabituelle, des maux de tête au réveil. Et c'est loin de n'être que l'affaire de femmes en surpoids ou diabétiques", explique Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHU de Lille. Or, selon ce sondage, 58 % des femmes déclarent que le stress ne mérite pas de consultation médicale, tout comme la fatigue régulière (32 %), la sensation d'oppression (46 %) et le surpoids (52 %).

* Enquête Elabe pour Axa Prévention, réalisée en ligne du 23 mars au 12 avril 2021 auprès de 2.505 personnes représentatives de la populatio âgée de 15 ans et plus et résidant en France métropolitaine, dont 1.324 femmes et 1.181 hommes. 

 

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