Quatre acteurs de films pornographiques mis en examen pour viol

Quatre acteurs de films pornographiques mis en examen pour viol
Une cinquantaine de victimes auraient été identifiées.
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publié le jeudi 28 octobre 2021 à 19h55

Trois personnes ont été placées en détention provisoire et une sous contrôle judiciaire, dans le cadre de l'enquête sur la plateforme de vidéos pornographiques "French Bukkake", qui a commencé début 2020.

L'enquête sur la plateforme de vidéos pornographiques "French Bukkake" se poursuit. Quatre acteurs ont été mis en examen pour viol, après la mise en cause l'an dernier de producteurs et réalisateurs, a-t-on appris jeudi 28 octobre de sources judiciaire et proche du dossier, confirmant une information de BFMTV. Ce serait la première fois que des acteurs sont poursuivis pour viol dans les investigations visant l'industrie pornographique en France. 

"Quatre personnes ont été présentées le 22 octobre au juge d'instruction en charge de l'affaire et ont été mises en examen du chef de viol", a indiqué à l'AFP une source judiciaire. "Trois d'entre elles ont été placées en détention provisoire.

La dernière personne a quant à elle été placée sous contrôle judiciaire", a-t-elle précisé.



Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire début 2020, puis une information judiciaire le 17 octobre visant la plateforme "French Bukkake", fermée depuis, dont certaines vidéos montraient des femmes non-consentantes. Au total, huit personnes sont poursuivies dans ce dossier, dont les investigations ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie de Paris. Une cinquantaine de victimes auraient été identifiées.

"Ce qui a été commis sur ces plateaux de tournage ce sont des viols et donc chaque acteur ayant participé à ces scènes peut être inquiété pour des faits de viol aggravé, voire torture et actes de barbarie", a considéré Me Lorraine Questiaux, avocate de plusieurs victimes, contactée par l'AFP. "Potentiellement, ça peut viser tous les autres plateaux de pornographie en France et dans le monde. D'autres investigations ont été ouvertes ailleurs dans le monde", a-t-elle précisé.

Mi-octobre 2020, quatre personnes avaient été mises en examen pour "proxénétisme" et "traite d'êtres humains" aggravés, dont les producteurs surnommés "Pascal OP" et "Mat Hadix". "Pascal OP", en détention provisoire, est aussi poursuivi pour "blanchiment de proxénétisme aggravé et blanchiment de fraude fiscale" ainsi que pour "travail dissimulé", avait indiqué à l'époque une source proche du dossier. Le second producteur, Mathieu L. surnommé "Mat Hadix", avait été incarcéré en décembre pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire. 

"Pascal OP" est connu pour sa plateforme de vidéos pornographiques "French Bukkake", où "il produit ses contenus qu'il va vendre, mais il peut aussi bosser comme cadreur, rabatteur d'actrices, ou producteur pour d'autres plateformes", avait expliqué à l'AFP le journaliste Robin D'Angelo, auteur d'un livre-enquête sur son infiltration dans l'industrie du porno amateur.

Le site "Jacquie et Michel", incarnation en France du porno amateur, est aussi visé par une enquête depuis le 10 juillet 2020 pour "viols" et "proxénétisme". 

Après les révélations sur les violences et pratiques imposées lors des tournages, de grands groupes français du secteur, comme "Jacquie et Michel" et Dorcel, avaient annoncé en novembre 2020 leur volonté d'adopter des chartes éthiques et déontologiques. Dans ce texte, publié en avril et disponible en ligne, on peut lire que "le consentement des acteurs et actrices quant aux pratiques sexuelles doit être clair, préalable, libre et éclairé". 

"Je pense que les affaires pour viol vont pulluler, parce qu'il y a parfois une énorme différence entre ce qui est dit oralement aux acteurs et ce qui se passe réellement" lors des tournages, a réagi Me Matthieu Cordelier, qui défend les droits d'actrices porno et qui avait été missionné pour rédiger cette "charte déontologique de la production X". "Des petits producteurs n'ont toujours pas compris et continuent de ne pas se soucier de la charte déontologique, ou se moquent même de cette démarche", a-t-il regretté.

"C'est très bien, ça fait du ménage ! Tout le monde a un comportement d'autruche" sur ce qui se passe lors des tournages, a réagi auprès de l'AFP Nikita Bellucci, actrice, réalisatrice et productrice indépendante de films pornographiques. "On travaille avec l'intimité d'actrices, avec des êtres humains, on doit faire attention et pas seulement exécuter des ordres", a ajouté Nikita Bellucci qui a elle-même connu une mauvaise expérience. "Il faut arrêter de se cacher en disant : 'le réalisateur a dit que c'était consenti donc je le fais'". Pour Nikita Bellucci, "ça avance dans la bonne direction, c'est à nous tous de faire en sorte que ce ne soit pas que des effets d'annonce". 

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