"Qu'il ferme sa gueule" : le représentant de Macron s'en prend à l'architecte en chef de Notre-Dame

"Qu'il ferme sa gueule" : le représentant de Macron s'en prend à l'architecte en chef de Notre-Dame
Jean-Louis Georgelin à Paris, le 29 mai 2019.

, publié le jeudi 14 novembre 2019 à 09h03

"Soit 'je restaure à l'identique, ça sera moi', soit on fait une flèche contemporaine et ça sera un autre", avait prévenu l'architecte.

Alors qu'Emmanuel Macron souhaite apposer sa marque sur la cathédrale Notre-Dame, à l'occasion de la restauration du bâtiment ravagé un incendie, l'architecte en chef du monument veut que sa flèche soit reconstruite à l'identique. De quoi s'attirer les foudres du général Jean-Louis Georgelin, missionné par le président pour piloter le chantier.

Ce dernier l'a prié de "fermer sa gueule" pour permettre d'avancer "sereinement'.

L'architecte en chef de Notre-Dame, Philippe Villeneuve, s'était prononcé dès le mois de juin pour une restauration à l'identique de la flèche de Viollet-le-Duc, détruite lors de l'incendie qui a ravagé la cathédrale le 15 avril. Le président de la République avait pour sa part exprimé sa volonté d'inscrire un "geste contemporain" sur l'édifice emblématique.


Mercredi, devant la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, le général Georgelin n'a pas caché son agacement face aux propos de Philippe Villeneuve. "Quant à l'architecte en chef, je lui ai déjà expliqué plusieurs fois, et je le referai, qu'il ferme sa gueule et que nous avancions en sagesse pour que nous puissions sereinement faire le meilleur choix pour Notre-Dame, pour Paris, pour le monde", a lancé le général Georgelin en réponse à la question d'un député. L'intéressé, maître d'œuvre du chantier, n'était pas présent dans la salle. Cependant, il s'était de nouveau, le matin même dans les colonnes du Figaro, prononcé pour une reconstruction à l'identique de la flèche.

Nommé par Emmanuel Macron "préfigurateur de l'établissement public chargé de la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris", Jean-Louis Georgelin a par ailleurs confirmé l'objectif de cinq ans de travaux fixé par le chef de l'État. "Les 5 ans, on les obtiendra par la rigueur du chantier, le choix des bonnes expertises", a-t-il souligné. C'est "début 2021" que sera discutée l'orientation du chantier, notamment pour la flèche détruite. D'ici là, il souhaite "apaiser le tohu-bohu" dans la communication autour des travaux.

Le général Georgelin était devant les députés pour les informer de l'avancée des opérations. "La cathédrale est toujours en état de péril", a-t-il prévenu. "La phase de sécurisation de l'édifice n'est pas terminée. Elle ne sera terminée que quand l'ancien échafaudage de la flèche aura pu être démonté". Avec l'arrivée de l'hiver, "nous ne sommes pas à l'abri d'un fort coup de vent qui pourrait déstabiliser cet échafaudage", a aussi souligné le général Georgelin.

Par ailleurs, "la cathédrale ne semble plus être émettrice de plomb vers l'extérieur du chantier", a-t-il assuré.

"Je suis dans la restauration de ce qui existe", avait expliqué l'architecte Philippe Villeneuve à la mi-octobre sur RTL. "Le futur c'est soit 'je restaure à l'identique, ça sera moi', soit on fait une flèche contemporaine et ça sera un autre", avait ajouté l'architecte, au chevet de la cathédrale depuis 2013.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.