Qu'est-ce que l'"urgence attentat", déclenchée par le gouvernement ?

Qu'est-ce que l'"urgence attentat", déclenchée par le gouvernement ?
Un panneau de sécurité à Paris, le 27 février 2016.

, publié le mercredi 12 décembre 2018 à 10h30

Les autorités vont notamment pouvoir renforcer les contrôles aux frontières et sur l'ensemble des marchés de Noël en France.


"Le gouvernement vient de décider de passer en urgence attentat", a annoncé Christophe Castaner dans la nuit de mardi à mercredi 12 décembre, après la fusillade sur le marché de Noël de Strasbourg. Il s'agit du niveau d'alerte le plus élevé du plan vigipirate, selon le site du gouvernement.

"Nous sommes actuellement en France en posture vigipirate renforcée, le gouvernement vient de décider de passer en urgence attentat, avec la mise en place de contrôles renforcés aux frontières, et des contrôles renforcés sur l'ensemble des marchés de Noël en France pour éviter le risque de mimétisme", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

"Il y aura aussi en complément une mobilisation plus forte encore du dispositif sentinelle sur l'ensemble du territoire", a-t-il ajouté, s'exprimant depuis la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg.


Ce niveau d'alerte existe depuis 2016, quand le plan vigipirate a été révisé dans le sillage des attentats de 2015 et 2016. Le niveau "urgence attentat" peut être "mis en place à la suite immédiate d'un attentat ou si un groupe terroriste identifié et non localisé entre en action, précise le site gouvernement.fr. Ce niveau est mis en place pour une durée limitée : le temps de la gestion de crise. Il permet notamment d'assurer la mobilisation exceptionnelle de moyens, mais aussi de diffuser des informations susceptibles de protéger les citoyens dans une situation de crise."

Le premier niveau, "vigilance", est "la posture permanente de sécurité", et active 100 des 300 mesures du plan vigipirate. Le deuxième niveau, "sécurité renforcée - risque d'attentat", en active 216, et correspond à une "menace terroriste élevée, voire très élevée".

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a estimé mercredi que la France pouvait "réagir" après l'attaque de Strasbourg, "sans avoir à déclencher l'état d'urgence", une mesure d'exception.

"Je pense que nous pouvons être à la hauteur des événements sans pour autant déclencher l'état d'urgence", a déclaré la ministre de la Justice sur Public-Sénat. Ce régime d'exception avait notamment été mis en place après les attentats jihadistes de Paris en novembre 2015 (130 morts), puis avait été levé. "Les lois adoptées récemment par notre gouvernement permettent de déployer un certain nombre de mesures qui nous ont permis d'éviter jusqu'à présent au moins six attentats", a souligné Mme Belloubet.

La ministre a par ailleurs précisé le profil judiciaire du suspect. "C'est quelqu'un qui a été condamné à de nombreuses reprises pour des faits de droit commun. Il a effectué en France deux peines de prison de deux ans chacune qu'il avait purgées. Il est sorti (de prison) il y a trois ans de sa dernière condamnation", a détaillé Mme Belloubet.

La ministre s'était déjà opposée début décembre, après les violences commises à Paris lors d'une manifestation des "gilets jaunes", à un retour de l'état d'urgence, réclamé par des syndicats policiers, et auquel le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner n'avait pas fermé la porte.

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