Pyrénées : un mystérieux commando armé appelle à "la chasse à l'ours"

Pyrénées : un mystérieux commando armé appelle à "la chasse à l'ours"
Une famille d'ours photographiée dans les Pyrénées espagnoles le 20 mai 2016.

Orange avec AFP, publié le vendredi 15 septembre 2017 à 11h50

Dans une vidéo envoyée jeudi à plusieurs médias locaux, des hommes cagoulés et armés annoncent leur volonté de "rouvrir la chasse à l'ours" dans les Pyrénées et de rentrer en "résistance active contre les agents de l'État". Une "dérive pathétique dans la violence et dans l'illégalité" pour la préfecture de l'Ariège.

"La vidéo a été transmise au procureur de Foix pour engager des poursuites judiciaires", souligne ce vendredi 15 septembre la préfète Marie Lajus.

Cette vidéo d'1 minute 47 secondes a été reçue jeudi par clé USB dans une enveloppe anonyme par plusieurs médias ariégeois. On y voit, de nuit, un groupe de 25 personnes, au visage masqué par des cagoules noires. Tous ou presque ont en main un fusil de chasse. Un individu arbore également une arme de poing.

"UN SIMAGRÉE D'ORGANISATION TERRORISTE"

Un homme lit un texte : "Nous, montagnards d'Ariège, éleveurs, randonneurs, chasseurs, élus, citoyens disons à l'État STOP ça suffit. Par l'introduction d'ours slovènes puis la création d'une pouponnière leur permettant de se multiplier, l'État français met en place une gestion du territoire où peu à peu il limite aux hommes, aux femmes de la montagne l'accès, la liberté d'être, de faire, de travailler (...) L'État est resté sourd face aux demandes de nos élus, de nos organisations citoyennes et professionnelles. Alors, nous avons décidé de rouvrir la chasse à l'ours en Ariège et de mener une résistance active face aux agents de l'État". Deux des membres du groupe concluent le propos en tirant une salve de fusil.



Pour la préfecture, "cette simagrée d'organisation terroriste, s'il ne s'agit pas d'un canular, porte préjudice à tous ceux qui défendent le développement des territoires ruraux et de montagne". Les services de l'État rappellent que le 25 août quatre agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) ont été "victimes de menaces, de tirs de carabine et de dégradation de leur véhicule".

La préfète de l'Ariège invite les responsables professionnels, institutionnels et politiques à "marquer leur désaccord avec ceux qui franchissent la ligne de l'illégalité et condamner cette nouvelle irruption de violence et d'usage des armes". Cette vidéo intervient dans un climat tendu à la suite de la mort depuis la mi-juillet en Ariège de près de 300 brebis, toutes victimes des ours. Vingt ans après la réintroduction de l'ours, plantigrade pouvant peser jusqu'à 250 kilos et mesurant jusqu'à deux mètres dressés sur ses pattes arrière, sa présence dans les Pyrénées et surtout la question sensible de nouveaux lâchers sur les versants français continuent de diviser.

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