PV de stationnement : les villes fixeront les tarifs à partir de janvier 2018

PV de stationnement : les villes fixeront les tarifs à partir de janvier 2018

À partir du 1er janvier 2018, les villes fixeront elles-mêmes le montant des PV de stationnement : 11 euros à Calais, 60 euros à Lyon... (Photo d'illustration)

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Orange avec AFP, publié le mardi 17 octobre 2017 à 12h55

Les amendes pour mauvais stationnements passeront de 17 euros actuellement à 11 euros à Calais... et 60 euros à Lyon. L'association 40 Millions d'automobilistes dénonce "une machine à cash garantie". 

Jusqu'alors, l'amende de stationnement était au même tarif dans toute la France : 17 euros. Ce qui dissuadait certains automobilistes, dans les communes ou le parking est cher, de passer par le parcmètre (par exemple à Paris : 24 euros pour six heures). Désormais, il faudra y réfléchir à deux fois car, à partir du 1er janvier 2018, les maires fixeront librement le montant des pénalités en cas d'infraction. Et ce, en vertu de la loi de 2014 sur les métropoles. 

Sur les 800 communes disposant de places payantes en surface, 93 ont déjà fixé le montant des PV. À Paris, il en coûtera 35 ou 50 euros (selon le quartier). La prune va grimper à 60 euros à Lyon. Ce sera 30 ou 35 euros à Bordeaux, 24 ou 34 euros à Rennes, 33 euros à Versailles (Yvelines), 30 euros à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). 

"Dégoûter les gens de prendre leur voiture"

40 Millions d'automobilistes dénonce "une machine à cash garantie". "Je crains qu'il n'y ait une volonté de faire du chiffre car cela permettra aux municipalités d'engranger plus de recettes. L'exemple des tarifs appliqués dans Paris est à ce titre très symbolique. L'objectif de la mairie est clairement de dégoûter les gens de prendre leur voiture", juge Pierre Chasseray, délégué général de l'association, mardi dans le Parisien. 

"Ça va créer une explosion de contentieux, une explosion de contraventions", abonde sur BFMTV Jean-Baptiste Iosca, avocat spécialisé dans les délits routiers. "C'est un nouvel impôt qui est mis en place et on se doute bien que c'est uniquement pour remplir les caisses de la mairie", juge-t-il. Ce que dément Gilles Nicolas, adjoint au stationnement à Nantes, où l'amende passera à 35 euros. "Les amendes, ça ne va pas dans notre poche (...) Ce sont des recettes affectées aux aménagements routiers", explique-t-il sur BFMTV, démentant "une politique du tiroir-caisse".

11 euros à Calais pour dynamiser le centre-ville 

Pourtant, "les élus de certaines grandes villes, comme Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Antony (Hauts-de-Seine), Le Mans, Nice, Le Havre, se sont engagés à ne pas augmenter, voire à réduire le montant de la redevance de stationnement", souligne Pierre Chasseray.

Ainsi, le tarif reste inchangé à Marseille et Lille : 17 euros. Les Niçois bénéficieront d'une petite baisse, à 16 euros le PV. Il en coûtera 10 ou 15 euros à Nancy, selon l'emplacement, et 11 euros à Calais. Dans cette dernière commune, "la mairie propose même le premier quart d'heure de stationnement gratuit pour inciter les conducteurs à venir faire leurs courses dans le centre-ville", salue Pierre Chasseray.

À Paris, 10% seulement des automobilistes paient le stationnement

Selon le Groupement des autorités responsables de transport (Gart) environ 70% des automobilistes préfèrent actuellement risquer de "prendre une prune" plutôt que de payer le stationnement. À Paris, où il existe 150.000 places, seuls 10% des automobilistes paient pour se garer.

Par ailleurs, les communes promettent des contrôles beaucoup plus fréquents avec, à la clé, une meilleure rotation des véhicules sur les places de parking, et moins d'embouteillages dans les centres-villes. En effet, "dans les métropoles, 20% des véhicules en circulation cherchent une place de stationnement", selon Guy le Bras, directeur général du Gart.

Convertir les conducteurs aux transports en commun

Par exemple, la ville de Chambéry a profité de la réforme pour retravailler son plan de circulation et l'ensemble des modes de transport. Pour relancer "le centre-ville (qui) périclite (...), il faut compter un peu sur les voitures, (mais surtout) éviter les voitures-ventouse", qui monopolisent des places, explique Josiane Beaud, première adjointe au maire. "Il faut permettre à tout le monde de rentrer dans le centre-ville si besoin, (sans) chercher une place pendant des heures (...). Et s'ils veulent rester plus longtemps, ils prendront le bus". 

"Quand il y a une rotation, c'est bénéfique pour les commerçants du centre-ville", renchérit Frédéric Baverez, directeur exécutif de Keolis. Pour les 800 communes concernées, c'est l'occasion d'essayer de convertir les automobilistes aux transports en commun ou au vélo. 

 
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