PSA : des salariés polonais en renfort sur le site de Metz

PSA : des salariés polonais en renfort sur le site de Metz
A Metz, 50 salariés polonais sont venus renforcer les effectifs de l'usine

, publié le samedi 13 juin 2020 à 17h17

Alors que PSA a renoncé à faire venir des travailleurs polonais dans son usine d'Hordain, ils sont déjà 50 Polonais à travailler au sein de l'usine de Metz.

Des salariés polonais de PSA sont depuis quelques jours en renfort sur le site du constructeur automobile à Metz, alors que le gouvernement a annoncé samedi que PSA allait revenir sur sa décision de recourir dans le Nord à de la main d'oeuvre polonaise. "Compte tenu de l'émotion que ce sujet suscite", ce que "nous comprenons dans le contexte actuel du pays", "nous avons travaillé à une solution alternative", permettant "de monter cette équipe supplémentaire" finalement constituée "majoritairement d'intérimaires", a déclaré à l'AFP le responsable communication de PSA Hordain, Jean-Pierre Papin en fin de journée.




50 Polonais de Gliwice à Metz

A Metz, "actuellement 50 Polonais de Gliwice (usine Opel dans le sud de la Pologne, ndlr) ont commencé à travailler lundi". Ces salariés, logés par le groupe, sont payés selon les conventions collectives françaises le temps de ce renfort, a précisé une porte-parole du site qui fabrique des boîtes de vitesse.

Outre ce renfort étranger, "une quinzaine d'employés de Douvrin" dans le Pas-de-Calais ont aussi été relocalisés à Metz, a ajouté l'intéressée.

Sur le site voisin de Trémery, spécialisé dans les moteurs, PSA réfléchit "à faire venir des employés d'autres sites PSA de France et de l'étranger" sur la base du volontariat. La venue d'Allemands travaillant dans des usines Opel "fait partie de la réflexion partagée avec les organisations syndicales au CSE de Trémery", a ajouté la porte-parole. Sur ce site, il y a déjà "une quinzaine" d'employés du site de Mulhouse en renfort.

Eviter de faire appel à des intérimaires

"On est au stade de chercher des solutions pour trouver des gens pour rejoindre nos équipes qui ne sont pas au complet sans faire appel à des intérimaires" puisqu'il y a encore des mesures de chômage partiel dans le groupe, selon les fonctions et les sites, a expliqué la porte-parole.

La direction de l'usine d'Hordain avait annoncé l'arrivée en renfort la semaine prochaine de 120 Polonais de l'usine de Gliwice, puis de 150 autres la semaine suivante. Carlos Tavares, le patron de PSA, "s'est engagé à revenir sur cette décision" auprès du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, a indiqué le ministère à l'AFP. "Le ministre a eu Carlos Tavares ce matin, les deux hommes s'entendent bien, ça a été une discussion constructive et M. Tavares s'est engagé à revenir sur cette décision", a déclaré le ministère.

Les syndicats montent au créneau

Sur Franceinfo, Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez PSA, a déclaré samedi ne faire "aucune confiance à la ministre du Travail pour régler le problème". "La ministre est du côté de PSA. Ils vont s'entendre sur le dos des intérimaires, sur le dos des travailleurs de PSA et de nos camarades de Pologne, d'Espagne et d'Allemagne", a-t-il regretté, estimant que PSA jouait "la mise en concurrence des salariés les uns contre les autres" depuis des années.

"On demande qu'on autorise à reprendre les intérimaires qui étaient présents sur le site et qu'ils puissent revenir travailler, ça arrangerait tout le monde", a déclaré Mickaël Montasprini, responsable de la section syndicale CFDT à Trémery à l'AFP. Ce dernier dénonce en effet des "montées de cadence" qui rendent actuellement les conditions de travail difficiles pour les employés de l'usine de Tremery.

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