PS et EELV se disputent la capacité de rassembler la gauche à la présidentielle

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Olivier Faure le 16 juin 2021 à Paris
Olivier Faure le 16 juin 2021 à Paris
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© AFP, Sameer Al-DOUMY

publié le lundi 28 juin 2021 à 14h37

Au lendemain de régionales qui ont conforté l'ancrage territorial socialiste, le PS et les écologistes se disputent la légitimité à rassembler derrière eux la gauche non-mélenchoniste à la présidentielle de 2022.

Déjà offensif lundi dernier, le premier secrétaire du PS Olivier Faure n'a pas mâché ses mots dans les médias lors de son analyse du second tour en pointant du doigt un "plafond de verre, ou même un plafond vert" atteint par les écologistes quand ils mènent l'union.

Une allusion aux défaites des rassemblements de la gauche menés par les Verts en Île-de-France, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France. A contrario, les cinq présidents socialistes sortants ont conservé leur région, avec ou sans le soutien des écologistes.

"Ce qui fait que les socialistes sont aujourd'hui les plus crédibles pour conduire ces rassemblements", a tranquillement conclu Olivier Faure, devenu plus pugnace à l'approche du congrès des socialistes en septembre..

Le membre du bureau national du parti François Kalfon a été encore plus clair en réclamant sur RFI un "candidat socialiste" en 2022, "pour la raison que les Français ont plutôt donné quitus hier" au PS.

"Les Verts voulaient une primaire, ils l'ont eue, ils l'ont perdue", ricane un membre de la direction socialiste.

De quoi agacer passablement certains écologistes. "Les régions où les socialistes nous ont laissé mener étaient très dures à aller chercher, contre la droite et l'extrême droite", argue l'eurodéputé et ancien numéro un des Verts David Cormand, auprès de l'AFP. "Et si on n'a pas gagné, c'est parce que c'est du côté du PS que ça c'est effondré" quand ils n'étaient pas aux manettes, ajoute-t-il, attribuant les réussites socialistes à la "prime au sortant" qui a bénéficié aussi à la droite.

- Trois couloirs -

Reste que les résultats sont décevants pour les écologistes, qui rêvaient de gagner une, voire deux régions après des européennes de 2019 et des municipales de 2020 réussies. "Les régionales ne confirment pas de leadership pour l'écologie", regrette Alain Coulombel, porte-parole et membre de l'aile gauche du bureau exécutif d'EELV.


Que les socialistes se soient passés des écologistes dans l'entre-deux-tours en Occitanie, en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine est "resté en travers de la gorge" des militants EELV, témoigne Alain Coulombel. "Le PS a retrouvé ses vieux réflexes hégémoniques, on réclamait juste la proportionnelle à partir du premier tour dans la fusion des listes, ce que nous, nous avons fait quand nous étions premiers".

C'est la preuve, selon David Cormand, que "le PS a perdu en centralité sur le fond, et en centralité politique, en capacité de rassembler".

"Les deux partis tirent la couverture à eux mais la question du leadership n'est pas tranchée", observe le politologue Rémi Lefebvre, professeur à l'université de Lille. "Les Verts avaient pris l'ascendant aux municipales mais aujourd'hui ils n'ont aucune victoire et le PS garde ses cinq régions".

"De plus en plus de gens se disaient +au fond, les écologistes c'est la force nouvelle, c'est les seuls qui apportent un renouveau idéologique à un PS resté bloqué sur la social démocratie+", confirme le politologue Roland Cayrol sur LCP. 

"Mais là, il n'est pas clair que les écologistes réussissent mieux que les socialistes" et "beaucoup de socialistes jugent désormais que c'est pas évident qu'il faille céder aux écologistes".

Alain Coulombel craint "que les discussions soient désormais beaucoup plus tendues avec les socialistes, d'autant qu'Olivier Faure devra faire face aux caciques de son parti au congrès du PS de septembre".

Les écologistes n'auront pas non plus la tête aux tractations, car s'ouvre désormais pour eux le chapitre de leur primaire interne de septembre. Le maire de Grenoble Eric Piolle tient mercredi une conférence de presse pour, probablement, se déclarer candidat.

Quant à La France insoumise, elle a déjà pris son propre couloir avec la déclaration de candidature à la présidentielle dès novembre de Jean-Luc Mélenchon, arrivé quatrième en 2017 (19,58%). Mais une série de mauvais résultats aux élections intermédiaires et des sondages le mettant tantôt en tête, tantôt au coude-à-coude avec des prétendants à gauche, rendent difficilement prévisible la place qu'il aura en 2002.

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