Prothèses mammaires : vers une nouvelle interdiction ?

Prothèses mammaires : vers une nouvelle interdiction ?
Une prothèse mammaire en silicone, le 12 janvier 2012 dans le Val-d'Oise (illustration)

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 04 avril 2019 à 09h03

Les autorités sanitaires se dirigeraient vers une restriction de certains types d'implants mammaires - les prothèses à enveloppe macro texturée - soupçonnés de favoriser des cancers. L'Agence nationale des produits de santé (ANSM) doit se prononcer formellement ce jeudi 4 avril.

Les prothèses mammaires macro texturées seront-elles bientôt bannies en France ? La question devrait être tranchée dans la journée. Ces implants sont au cœur d'un dossier délicat, qui mêle différents types de risques pour les patientes. Selon des plaignantes, ces prothèses pourraient augmenter les risques de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC), une forme rare de cancer.

Sept marques sur la sellette

Dans un courrier daté du 2 avril et envoyé aux fabricants, auquel l'AFP a eu accès, l'Agence nationale des produits de santé prépare le terrain à une interdiction assez large. Six marques de prothèses dites macro texturées et une marque de prothèses à enveloppe de polyuréthane pourraient ainsi être écartées du marché. 

Début février, un comité d'expertes avait pourtant conclu qu'une interdiction généralisée n'était pas justifiée. Ce comité se prononçait seulement pour l'interdiction des prothèses Biocell, du fabricant américain Allergan, principal modèle mis en cause dans la survenue de LAGC.

L'ANSM avait alors indiqué qu'elle prendrait sa décision "dans les prochaines semaines". "Aucune décision n'a été prise à ce stade", avait insisté l'agence sanitaire fin mars, qui tient ce jeudi 4 avril une conférence de presse.

56 cas de cancers

L'alerte avait été donnée il y a plusieurs années par des patientes. Depuis 2011, 56 cas de lymphomes anaplasiques ont été recensés en France, parmi les 500.000 femmes porteuses d'implants mammaires. Trois en sont décédées.

Fin novembre, l'ANSM avait recommandé aux chirurgiens de poser "de préférence" des prothèses lisses, donc non texturées, dans l'attente des conclusions sur le dossier.

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