Projets d'attentat : Rémy Daillet, figure des milieux complotistes, mis en examen et écroué

Projets d'attentat : Rémy Daillet, figure des milieux complotistes, mis en examen et écroué
Rémy Daillet, en juin 2021.

publié le samedi 23 octobre 2021 à 09h45

Il est soupçonné d'avoir envisagé des "projets de coups d'État et d'autres actions violentes". Sa secrétaire a elle aussi été mise en examen mais placée sous contrôle judiciaire.

Il était déjà incarcéré dans l'affaire de l'enlèvement de la petite Mia, il l'est désormais aussi pour des soupçons de projets d'attentat. Rémy Daillet, figure des milieux complotistes, a été mis en examen vendredi 22 octobre et de nouveau écroué. 

Il avait été extrait de sa cellule mardi pour être placé en garde à vue dans cet autre dossier, suivi par le pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris, dans lequel il est soupçonné d'avoir envisagé des "projets de coups d'État et d'autres actions violentes", dont un attentat contre une loge maçonnique de l'est de la France, selon une source proche du dossier.

Ce qu'il conteste.

A l'issue de sa garde à vue, il a été présenté vendredi à un juge d'instruction qui l'a mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et de nouveau placé en détention provisoire. Sa secrétaire, Ginette M., âgée de 67 ans, interpellée mardi dans l'Aude où elle réside, a elle aussi été mise en examen du même chef d'accusation mais elle a été placée sous contrôle judiciaire.



Quatorze mis en examen

Au total, quatorze personnes appartenant à l'ultradroite ont été mises en examen dans cette affaire. Les précédentes mises en examen datent du 8 octobre. Il s'agit de quatre hommes, dont deux militaires. Convaincus qu'"Emmanuel Macron est au service de l'argent et qu'il faut en finir avec le grand capital", ces hommes avaient "l'idée d'un coup d'État, d'un renversement du gouvernement français", avait alors expliqué à l'AFP une source proche du dossier. Parmi les cibles des mis en cause figuraient également des antennes 5G, des centres de vaccination, des journalistes et des personnalités, avaient détaillé deux sources proche de l'enquête. 

Selon une source proche du dossier, l'information judiciaire, ouverte en mai après les premières interpellations liées au groupuscule "Honneur et nation", s'est élargie, et les projets visés par la justice dépassent désormais ce cercle, mais tous les mis en cause semblent avoir le même inspirateur, Rémy Daillet. L'enquête devra déterminer ses responsabilités.

"Malgré les efforts de la DGSI et du ministère public, aucun élément matériel et objectif ne permet de le mettre personnellement en cause à l'issue d'une garde à vue qu'il a affrontée seul, confiant qu'il était encore dans la justice française", a commenté dans un communiqué son avocat, Me Jean-Christophe Basson-Larbi. "La justice française considère aujourd'hui, inventant un "principe de précaution judiciaire", que Rémy Daillet peut et doit être embastillé pour avoir diffusé des idées politiques explicitement non-violentes dont des individus violentes se réclament pour échapper à leurs responsabilités éventuelles", poursuit-il, qualifiant son client de "prisonnier politique".

L'enlèvement de la petite Mia

Parmi les quatre suspects arrêtés début octobre, deux sont également poursuivis dans l'affaire de l'enlèvement de la petite Mia. Dans cette enquête, Rémy Daillet a été mis en examen mi-juin pour "complicité d'enlèvement d'un mineur de 15 ans commis en bande organisée" et "association de malfaiteurs".

"Animateur" de la "mouvance" anti-système dans laquelle évoluaient les ravisseurs de la fillette, il "apparaît comme l'organisateur d'un mouvement appelé 'Le Renversement'" dans lequel "il promeut l'idée selon laquelle il convient de mener des actions visant à restituer à leurs parents des enfants pourtant régulièrement placés", avait détaillé le procureur de la République de Nancy, François Pérain.

Ancien cadre du MoDem dont il a été exclu en 2010, installé en Malaisie depuis plusieurs années, Rémy Daillet ignorait "l'existence de ce mouvement et de ses activités, sans lien avec son organisation politique", assure son avocat. Il avait été arrêté fin mai avec sa compagne et leurs trois enfants puis avaient été expulsés par les autorités malaisiennes en raison de leurs visas expirés.

Dix autres personnes sont par ailleurs poursuivies dans cette enquête.
 

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