Projet de loi contre les violences sexuelles : "petit et mal fagoté", selon les Insoumis

Projet de loi contre les violences sexuelles : "petit et mal fagoté", selon les Insoumis
Le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles sera examiné à partir de lundi 14 mai à l'Assemblée nationale.

Orange avec AFP, publié le mercredi 09 mai 2018 à 17h30

Alors que le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles sera examiné à partir de lundi à l'Assemblée, les députés Insoumis l'ont d'ores et déjà jugé "petit et mal fagoté".

Ils n'y vont pas par quatre-chemins. Selon les députés Insoumis, le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, examiné à l'Assemblée à partir de lundi, est "petit et mal fagoté" : "On a le sentiment que la montagne, qui était à la fois le mouvement #MeToo et des paroles d'accompagnement de la ministre et du gouvernement saluant la libération de la parole, a accouché d'une toute petite, mais vraiment toute petite souris", a expliqué Clémentine Autain lors d'une conférence de presse.





"On n'a absolument rien qui permet d'accompagner les victimes, qui permet de prévenir et qui prendrait en considération l'ensemble de la question" des violences sexistes et sexuelles, a-t-elle ajouté lors de la présentation du texte en commission des Lois en présence de Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes.





Les articles du projet de loi "déconnectés du cœur du problème"
Pour l'élue de Seine-Saint-Denis, il aurait fallu "une loi-cadre qui donne les moyens à la justice de fonctionner, à la police d'être formée, aux associations de pouvoir accompagner, à l'éducation de faire son travail", ajoutant également que les quatre articles du projet de loi "sont déconnectés du cœur du problème".

Pour clémentine Autain, les moyens "ne sont pas là", notant à titre de comparaison qu'en Espagne, "0,54 euro par habitant est dépensé pour lutter contre les violences faites aux femmes, alors qu'en France, c'est 0,33 euro par habitant" et que le budget des droits des femmes dans l'Hexagone représente "0,0066% du budget de la France".

Les Insoumis pourraient s'abstenir
L'élue de la France insoumise a, tout de même, noté "un point plutôt positif" l'idée d'étendre de 20 à 30 ans le délai du dépôt de plaintes pour les crimes sexuels (limité aux mineurs), elle a jugé globalement que c'est un texte "ni fait ni à faire", qui risque "même de détériorer les choses" avec un "risque de déclassement juridique du harcèlement sexuel et de correctionnalisation accrue des viols".

Selon Clémentine Autain, qui a promis "une bataille politique" dans l'hémicycle la semaine prochaine, "le plus probable" est que son groupe s'abstiendra à l'issue des débats, jugeant notamment "rédhibitoire" l'absence de loi-cadre. Le texte doit notamment instaurer la verbalisation du harcèlement de rue et renforcer l'interdit de relation sexuelle avec un mineur de moins de 15 ans

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