Projet de Conseil national des imams : la grande Mosquée de Paris se retire et dénonce l'islamisme

Projet de Conseil national des imams : la grande Mosquée de Paris se retire et dénonce l'islamisme
La grande mosquée de Paris, le 30 octobre 2020.

, publié le lundi 28 décembre 2020 à 19h00

La grande Mosquée de Paris a décidé de se retirer du projet de Conseil national des imams. Elle dénonce l'influence néfaste dans les négociations d'une frange islamiste du Conseil français du culture musulman.

C'est un coup dur porté à un projet phare, annoncé après l'assassinat de Samuel Paty.

Le recteur de la grande Mosquée de Paris (GMP) a annoncé lundi 28 décembre se retirer du projet de Conseil national des imams (CNI), voulu par l'Elysée et confié au Conseil français du culte musulman (CFCM), en dénonçant l'influence de "la composante islamiste" au sein du CFCM.


"J'ai décidé (...) de ne plus participer aux réunions qui visent à mettre en œuvre le projet du Conseil national des imams et de geler tous les contacts avec l'ensemble de la composante islamiste du CFCM", écrit le recteur, Chems-Eddine Hafiz, dans un communiqué. Il s'agit d'une décision "irrévocable", affirme-t-il. 

Le projet d'un Conseil national des imams (CNI) chargé de certifier leur formation en France a été poussée avec insistance par l'Elysée dans le cadre de son projet de loi contre l'islam radical et les "séparatismes". La création d'une telle instance, maintes fois évoquée mais jamais concrétisée, avait été formellement demandée par Emmanuel Macron lors de son discours aux Mureaux (Yvelines) présentant sa stratégie de lutte contre les "séparatismes" début octobre.

La pression pour mieux encadrer l'islam de France avait encore augmenté avec l'assassinat de Samuel Paty et l'attentat de Nice.

Manque de représentativité 

Ce projet a été confié au CFCM, son principal interlocuteur sur les questions d'organisation du culte musulman en France. Le CNI doit délivrer un agrément aux imams en fonction de leurs connaissances et de leur engagement à respecter un code de déontologie. Les neuf fédérations de mosquées qui composent le CFCM, régulièrement critiqué pour son manque de représentativité, devaient d'abord se mettre d'accord début décembre sur une "charte des valeurs républicaines". 

"Malheureusement, la composante islamiste au sein du CFCM, notamment celle liée à des régimes étrangers hostiles à la France, a insidieusement bloqué les négociations en remettant en cause presque systématiquement certains passages importants" de la charte, critique le recteur de la grande Mosquée de Paris. 

Des "membres de la mouvance islamiste" auraient fait croire "que cette charte avait pour ambition de toucher à la dignité des fidèles musulmans", détaille Chems-Eddine Hafiz. C'est "un mensonge éhonté", dénonce-t-il.  "J'estime que la représentation des musulmans mérite autre chose (...) que des agissements douteux entourés d'actions qui cherchent à diviser la communauté nationale et à séparer les Français de confession musulmane de leur société", écrit-il.

Début décembre déjà, une dizaine de figures de l'islam réformé avaient dénoncé le rôle accordé par l'Etat au CFCM pour la création du CNI, le qualifiant d'"institution fragile". 
 

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