Projet d'attentats : la mouvance d'ultra-droite voulait racketter des entreprises

Projet d'attentats : la mouvance d'ultra-droite voulait racketter des entreprises
Au total dix personnes avaient été arrêtées par les policiers de la SDAT, en co-saisine avec la DGSI.

Orange avec AFP, publié le samedi 21 octobre 2017 à 16h00

Huit suspects sont présentés, ce samedi 21 octobre, à un juge d'instruction dans l'enquête sur des projets d'attentats fomentés par une organisation fondée par le militant d'ultra-droite Logan Alexandre Nisin (21 ans).

"Le groupe avait pour projet de commettre des actions violentes aux contours imprécis", a souligné à l'AFP une source proche du dossier. Parmi ses cibles potentielles, l'organisation envisageait de s'en prendre à des "lieux de culte", dont des mosquées, des "personnes d'origine nord-africaine ou personnes noires", des "militants anti-fascistes" ou des "hommes politiques". Parmi ces derniers : le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner et le leader de la France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, tous deux élus ou ex-élus du sud-est de la France.

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Le groupe projetait également "de racketter des chefs d'entreprises afin de financer l'organisation et notamment des achats d'armes".

L'enquête a montré que "l'organisation prévoyait des achats d'armes et d'effectuer des entraînements paramilitaires. Certains d'entre eux s'étaient déjà entraînés aux tirs", a précisé la même source.

Un véhicule avait été volé le 21 juin. Le parquet a demandé la mise en examen de deux des suspects pour ce "vol en relation avec une entreprise terroriste" dans lequel est également impliqué Logan Alexandre Nisin. Le jeune homme avait attiré l'attention des enquêteurs car il était l'administrateur d'une page Facebook à la gloire de l'extrémiste de droite norvégien Anders Behring Breivik, auteur d'une tuerie qui a fait 77 morts en Norvège en 2011. 



Ces hommes âgés de 17 à 29 ans doivent être présentés samedi devant un juge d'instruction en vue de leur mise en examen pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes", a précisé le parquet de Paris. Le parquet a demandé le placement en détention provisoire de sept d'entre eux (âgés de 18 à 29 ans) et un contrôle judiciaire pour un mineur (17 ans).

Mardi, les services antiterroristes avaient mené un coup de filet quatre mois après l'interpellation de Logan Alexandre Nisan. Cet ancien militant de l'Action Française Provence - organisation royaliste qui avait multiplié les provocations musclées autour de Marseille et d'Aix-en-Provence avant l'été - arrêté à Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Le jeune homme avait été mis en examen en juillet dans ce dossier mené par un juge antiterroriste en lien avec la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Parmi les dix personnes interpellées dans le sud-est de la France et en région parisienne et placées en garde à vue, deux ont été relâchées, dont la mère du militant. La justice soupçonne les huit suspects d'appartenir à l'organisation fondée par le jeune homme. Son nom : OAS, un sigle qui reprend celui de l'Organisation de l'armée secrète, responsable d'une campagne sanglante contre l'indépendance de l'Algérie au début des années 1960.



"Sans nier la réalité des faits reprochés, on était plus dans la provocation, par défaut de moyens et de volonté d'aller jusqu'au bout, que dans des véritables projets d'attentat", a expliqué à l'AFP l'avocat de Logan Alexandre Nisin, Me Éric Bourlion, évoquant, derrière des "conversations sur internet", "la volonté d'un gamin de 21 ans de faire le buzz".

Le mouvement royaliste Action française (AF) a déploré jeudi de voir son nom associé à la "tentation terroriste d'ultradroite" de Logan Alexandre Nisin, qui y avait fait un passage entre fin 2015 et juin 2016. "Six mois où il va sans doute se radicaliser mais six mois où il n'a plus aucun lien ni avec l'Action française (...) ni avec des militants et adhérents", selon le secrétaire général d'AF François Bel-Ker, qui voit en Nisin un profil de "déséquilibré" et un "loup solitaire". D'après lui, aucune des personnes interpellées n'était connue du mouvement.

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