Projet d'attentat en 2015: trois jeunes hommes condamnés à 9 ans de prison

Projet d'attentat en 2015: trois jeunes hommes condamnés à 9 ans de prison

Trois jeunes Français radicalisés ont été condamnés vendredi à neuf ans de prison par la cour d'assises des mineurs de Paris pour avoir projeté en 2015 d'attaquer un site militaire du cap Béar, dans les Pyrénées-Orientales

AFP, publié le vendredi 13 avril 2018 à 23h11

Trois jeunes Français radicalisés ont été condamnés vendredi à neuf ans de prison par la cour d'assises des mineurs de Paris pour avoir projeté en 2015 d'attaquer un site militaire du cap Béar (Pyrénées-Orientales).

"Vous êtes tous les trois déclarés coupables d'association de malfaiteur terroriste criminelle", leur a dit le président de la cour d'assises, uniquement composée de magistrats, à l'issue de moins de trois heures de délibéré. 

Concernant I. K., mineur au moment des faits, le président a précisé qu'avait été exclue "l'excuse de minorité", c'est-à-dire que le jeune homme ne bénéficierait pas de circonstances atténuantes du fait de son âge.

Djebril Amara, Antoine Frèrejean et I. K, avaient respectivement 23, 19 et 17 ans à l'époque, vivaient chez leur mère et s'étaient rencontrés sur le forum "islam" du site jeuxvideo.com en 2014. Ils avaient ensuite discuté de leurs desseins jihadistes sur les réseaux sociaux, notamment via la messagerie cryptée Telegram.

Ils sont restés concentrés, attentifs à l'énoncé des peines, lourdes au regard de leur jeunesse mais plus légères que celles requises par l'avocat général. L'accusation avait demandé 13 ans de réclusion criminelle à l'encontre de chacun des jeunes gens, assortie d'une période de sûreté des deux tiers pour les deux plus jeunes.

Pour des velléités de départ en Syrie, un projet d'attentat du sémaphore de Béar et de décapitation d'un officier, ils encouraient jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

Le procès s'est tenu à huis clos, en dépit d'une demande de la défense qui estimait que cette affaire avait été largement portée dans le débat public par le pouvoir exécutif qui avait affirmé, lors de l'arrestation des jeunes en juillet 2015, qu'"un attentat avait été déjoué". Une thèse que réfutent les accusés, qui affirmaient tous n'avoir jamais eu de projet abouti.

Jusqu'où leur adhésion aux thèses islamistes radicales les aurait-elle conduits? Djebril Amara, brièvement en poste au sémaphore de Béar avant d'être réformé, avait décrit aux enquêteurs comment il avait été "hypnotisé" par les jihadistes du groupe Etat islamique avant de prendre ses distances.

Pour les enquêteurs, le projet d'attentat contre des militaires était né de l'échec du plan initial qui était de gagner la Syrie, après le signalement du plus jeune par sa mère qui avait sollicité une mesure d'interdiction de sortie du territoire en novembre 2014. 

Lors des perquisitions, les enquêteurs avaient retrouvé des caméras, des manuels en ligne de confection d'explosifs et un guide pour les aspirants au jihad syrien, mais ni armes à feu ni explosifs.

Les condamnés disposent de dix jours pour faire appel. La défense, qui n'a encore pris aucune décision, a toutefois relevé que leur peine est pratiquement déjà aménageable, au vu de la détention provisoire effectuée.

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