Projet d'action violente de l'ultra-gauche : les suspects visaient "des institutions, des forces de l'ordre ou des militaires"

Projet d'action violente de l'ultra-gauche : les suspects visaient "des institutions, des forces de l'ordre ou des militaires"©LOIC VENANCE / AFP

, publié le dimanche 13 décembre 2020 à 21h22

Les cibles des suspects, membres de l'ultra-gauche, n'étaient "pas arrêtées", selon une source proche du dossier.

Vendredi, sept membres de l'ultra-gauche ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste" criminelle, soupçonnés d'avoir voulu préparer une action violente, avec armes et engins explosifs. Selon une source proche du dossier, leurs cibles n'étaient pas "arrêtées", a-t-on précisé ce dimanche 13 décembre.


"Cela tournait autour des institutions, des forces de l'ordre ou des militaires", a-t-elle ajouté.

L'un des suspects, Florian D., considéré comme le "meneur", a combattu au côté des Kurdes au "Rojava" (Kurdistan occidental), dans le nord-est de la Syrie, pendant dix mois de 2017 à début 2018, selon cette source.

Interpellé dans un squat à Toulouse, il était sans domicile fixe et avait été condamné pour violences aggravées, port d'armes, conduite sous stupéfiants, a précisé une autre source proche de l'enquête. Un des membres du groupe était président d'une petite association d'airsoft (tir au pistolet à billes), selon l'une des sources. "Ils se sont entraînés sous couvert de cette association, sur un terrain qui appartenait au meneur dans l'Indre", a-t-elle ajouté.

Les autorités estiment à 2.000 environ le nombre de membres de la mouvance ultra-gauche, selon une source sécuritaire interrogée par l'AFP en octobre.

"Une montée en gamme"

Avant cette affaire, la dernière saisine connue de la justice antiterroriste pour des faits liés à l'ultra-gauche remonte à l'affaire de Tarnac en 2008, pour des soupçons de sabotage de lignes TGV. Mais les qualifications terroristes, objet d'un âpre débat, avaient été abandonnées par la justice avant le procès.

Pour le coordonnateur national du renseignement Laurent Nuñez, on assiste à une "montée en gamme importante de la violence dans la mouvance ultra-gauche", a-t-il assuré ce dimanche 13 décembre à l'AFP.

Depuis le début de l'année, les autorités ont recensé "un peu moins de 200 dégradations", dont une partie a été revendiquée par l'ultra-gauche, après un appel à commettre "des 'actions directes' : dégrader des lieux du 'Grand capital', des collectivités locales, des antennes-relais", a expliqué Laurent Nuñez. "Plus de la moitié" des dégradations recensées concernent des pylônes de téléphonie, a-t-il ajouté.

"En 2017, il y avait eu aussi un appel un peu identique, mais celui de cette année semble plus suivi, il y a plus d'actions", a-t-il ajouté.

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