Professeurs accusés d'islamophobie à Sciences-Po Grenoble : la classe politique réagit

Professeurs accusés d'islamophobie à Sciences-Po Grenoble : la classe politique réagit
Une enquête pour "injure publique" et "dégradation" a été ouverte par le parquet de Grenoble

, publié le dimanche 07 mars 2021 à 16h35

"Tentatives de pression et d'intimidation", "terrorisme intellectuel", "méthode fasciste", les réactions des politiques sont nombreuses suite aux accusations d'islamophobie de deux professeurs de l'IEP Grenoble. 

Une enquête pour "injure publique" et "dégradation" a été ouverte par le parquet de Grenoble après des affiches anonymes dans l'enceinte de Sciences-Po qui accusaient nommément deux professeurs d'islamophobie. Des affiches sur lesquelles on pouvait lire : "Des fascistes dans nos amphis.

L'islamophobie tue", avec les noms de deux professeurs.



La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a condamné "fermement" les accusations d'islamophobie, dénonçant des "tentatives de pression et d'intimidation" qui feront l'objet d'une enquête de l'inspection générale de l'éducation.

"Tentatives de pression et d'intimidation" 

La ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation "condamne fermement ces faits et dénonce ces tentatives de pression et d'intimidation qui viennent troubler les missions de l'établissement", a-t-elle fait savoir dans un communiqué.   

"En complément de l'enquête judiciaire", le ministère "prendra toute sa part afin d'apporter soutien à la direction de l'IEP de Grenoble et protection à ses agents", a-t-elle ajouté, soulignant que "les menaces, les injures et les pressions n'ont pas leur place dans l'enseignement supérieur".  

Frédérique Vidal "diligentera dans les meilleurs délais une mission de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche afin d'établir les responsabilités de chacun et de contribuer à rétablir la sérénité au sein de cet établissement". 

"Terrorisme intellectuel" 

Plusieurs figures de la droite et de l'extrême droite se sont exprimées au sujet des accusations d'islamophobie contre les deux professeurs.

"Quand on jette en pâture des enseignants et qu'on les accuse sans aucune preuve, en leur mettant quasiment une cible dans leur dos, je considère que c'est du terrorisme intellectuel", s'insurge Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, sur BFMTV

"C'est un appel à délation qui a été fait. Il faut que l'université porte plainte contre ces étudiants", insiste-t-elle, qui assure que "ça vient d'un syndicat étudiant, l'UNEF, qui est en pleine dérive, en plein naufrage". 

"Je n'oublie pas ce qui est arrivé à Samuel Paty", professeur assassiné en octobre par un jeune radicalisé, ajoute encore la présidente de l'Ile-de-France qui estime que "l'islamo-gauchisme est une réalité à l'université". 

Ne pas "revivre un drame" comme celui de Samuel Paty 

Bruno Retailleau estime qu'il faut "frapper fort" si on ne veut pas revivre un drame comme celui qui a coûté la vie à Samuel Paty". "Les élèves de Sciences Po Grenoble qui menacent les professeurs doivent être renvoyés et une plainte doit être déposée. Les syndicats complices doivent être poursuivis également", ajoute-t-il.  

 "Des méthodes fascistes"

"Ce sont ces méthodes qui sont fascistes. Après la décapitation d'un de nos enseignants, après les menaces qui pèsent sur trop d'entre eux, l'UNEF met donc sciemment en danger deux enseignants. C'est quoi la prochaine étape ?", s'interroge Aurore Bergé, députée LREM.  

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national dénonce une "affaire sordide" qui démontre "toute la réalité d'un islamo-gauchisme répugnant, sectaire et sans limite".


 

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