Professeur tué : non, Samuel Paty n'était pas visé par une sanction, assure Blanquer

Professeur tué : non, Samuel Paty n'était pas visé par une sanction, assure Blanquer
Jean-Michel Blanquer à Paris, le 18 octobre 2020

, publié le dimanche 18 octobre 2020 à 18h00

L'information qui a fleuri sur les réseaux sociaux dès vendredi soir, est fausse. Non, Samuel Paty, le professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, pour avoir montré des caricatures de Mahomet, n'était pas visé par une sanction de la part de l'administration, a affirmé Jean-Michel Blanquer ce dimanche. 

Samuel Paty était-il visé par une sanction administrative ? Jean-Michel Blanquer a démenti, dimanche 18 octobre.

D'après le ministre de l'Education nationale, l'enseignant décapité dans les Yvelines n'était pas menacé d'une sanction ou de remontrance pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, ainsi que l'ont suggéré certains intervenants sur les réseaux sociaux.

"Cette information est fausse", a martelé Jean-Michel Blanquer interrogé par France Inter, France 2 et Le Monde. Le ministre s'est rendu ensuite place de la République à Paris pour rendre hommage au professeur tué. 


"Il y a eu un soutien complet"

Professeur d'histoire-géographie au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Samuel Paty a été assassiné et décapité vendredi en rentrant à son domicile par un Russe tchétchène de 18 ans, Abdouallakh Anzarov, abattu aussitôt après par la police.

Samuel Paty était la cible de violentes critiques d'un père d'élève et d'un militant islamiste connu des services de police, Abdelhakim Sefrioui, qui lui reprochaient d'avoir montré les caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Ce dimanche 11 personnes, dont le parent d'élève et Abdelhakim Sefrioui se trouvaient en garde à vue.

"Deux parents d'élèves ont protesté, alors la principale, qui a été impeccable de bout en bout, voyant qu'il y a eu un incident de cette nature, a justement appelé les équipes Valeurs de la République (les référents laïcité de l'Education nationale, ndlr)", a rappelé Jean-Michel Blan0quer.

Le professeur a "dit que ceux qui sont choqués ferment les yeux ou sortent de la classe. Ce point là a suscité un malentendu car il a pu être vécu comme une discrimination", a-t-il précisé.

"On peut toujours regretter telle ou telle chose, tout n'est pas parfait (mais) le soutien a été effectif", a-t-il souligné. "Pour être parfaitement clair, je vais demander à l'inspection générale d'établir l'ensemble de l'enchaînement des faits", a-t-il encore précisé.

Vendredi soir, la députée des Yvelines Michèle de Vaucouleurs (MoDem) avait évoqué devant la presse la "mauvaise idée" du professeur de "demander aux élèves musulmans de sortir de la classe". "Il a reconnu que c'était une maladresse", avait-elle ajouté.

Depuis vendredi, les messages suggérant que l'académie s'apprêtait à "sanctionner" Samuel Paty ont essaimé sur les réseaux sociaux.

Le corps enseignant, choqué par la violence inouïe de cet "acte terroriste islamiste caractérisé" a lancé le hashtag "Jesuiprof" en soutien à la victime, et pour défendre la liberté d'expression. Dimanche après-midi, des dizaines de milliers de personnes -dont de nombreux politiques de tous bords- se sont réunies dans plusieurs villes partout en France pour défendre la laïcité.

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