Professeur décapité : des milliers de personnes rassemblées en soutien à Samuel Paty partout en France

Professeur décapité : des milliers de personnes rassemblées en soutien à Samuel Paty partout en France
Dimanche 18 octobre place de la République à Paris, des milliers de personnes sont venues rendre hommage à Samuel Paty, le professeur tué dans les Yvelines deux jours plus tôt

, publié le dimanche 18 octobre 2020 à 16h00

A Bayonne, Paris, Lille, Toulouse... Partout en France, des milliers de personnes sont venues rendre hommage ce dimanche à Samuel Paty, le professeur décapité dans les Yvelines vendredi dernier.

Lors d'un cours sur la laïcité, l'enseignant avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Armés de pancartes, les manifestants dans tout le pays revendiquent la liberté d'expression. 



Des places entières noires de monde. A Paris place de la République, mais aussi à Lille, Bayonne ou encore à Lyon, des milliers de personnes sont rassemblées dimanche 16 octobre en hommage à Samuel Paty. Ce professeur d'histoire a été assassiné vendredi 16 octobre près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, pour avoir montré en cours des caricatures de Mahomet.

Brandissant des pancartes "non au totalitarisme de la pensée" ou "je suis prof", les manifestants saluent dans le calme la mémoire de cet enseignant, observant notamment une minute de silence. Plusieurs politiques ont fait le déplacement dans ces rassemblements sous haute surveillance, dont le Premier ministre Jean Castex.  




Jean Castex présent à Paris


A Paris, de nombreux politiques ont fait le déplacement. Alors que le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer avait annoncé sa présence pour l'hommage à Paris, lancé par Charlie Hebdo et plusieurs syndicats enseignants et associations, le Premier ministre Jean Castex s'y est également rendu.

La maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse et le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon étaient sur place. 

"Je suis Samuel"

Autour de la statue de la place de la République, qui continuait à se remplir, certains brandissaient des drapeaux tricolores, d'autres des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "il fait sombre au pays des lumières" "je suis musulman, je suis contre la violence, je suis pour la liberté d'expression", "je suis enfant de prof" ou encore "je suis prof".

Un homme a joué la chanson de Hugues Auffray "Adieu Monsieur le professeur" à la guitare, que chantaient de nombreuses personnes réunies autour de lui. Des Marseillaise étaient également entonnées. Certains manifestants portaient des pancartes où étaient affichées des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. 

La Une du journal satirique "Tout ça pour ça", publiée début septembre à l'occasion de l'ouverture du procès des attentats de 2015 et qui reprenait les caricatures, était également brandie par certains.

"Je suis Samuel", "Liberté d'expression, liberté d'enseigner", scandaient des personnes sur place. De longs applaudissements étaient régulièrement entendus.

"Le niveau de menace terroriste reste élevé"

Gérald Darmanin a appelé samedi les préfets à prendre "immédiatement toutes les mesures afin de garantir la sécurité des citoyens" qui participent aux rassemblements. Le ministre de l'Intérieur a rappelé que "le niveau de menace terroriste reste élevé". 

"Tout incident ou trouble à l'ordre public en lien avec cet attentat et les réactions qu'il suscite devra faire l'objet d'un avis immédiat à mon cabinet", écrit Gérald Darmanin dan son message.

Le ministre de l'Intérieur a ajouté qu'il organisera dimanche "en fin de journée" une visio-conférence avec les préfets "sur les sujets en lien avec l'événement terroriste de ce vendredi".
 

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