Professeur décapité dans les Yvelines : l'assaillant, inconnu des services antiterroristes, avait un statut de réfugié

Professeur décapité dans les Yvelines : l'assaillant, inconnu des services antiterroristes, avait un statut de réfugié
Le procureur national de la République en conférence de presse sur l'enquête ouverte sur la décapitation d'un professeur dans les Yvelines, le 17 octobre

, publié le samedi 17 octobre 2020 à 16h00

Qui était l'assaillant ? Avec qui et comment a-t-il agit ? Qui  sont les neuf personnes placées en garde à vue ? Au lendemain de la décapitation d'un professeur d'histoire-géographie d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, le procureur national Jean-François Ricard a tenu samedi 17 octobre une conférence de presse.

A ce stade de l'enquête, ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" par le parquet national antiterroriste (Pnat) qui débute à peine, de nombreux points restent à éclaircir.

Mais on en sait plus sur l'assaillant et ses motivations, un jeune homme de 18 ans né a à Moscou, abattu par la police à Eragny (Val d'Oise) après avoir décapité un professeur d'histoire du collège d'une ville voisine, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Neuf personnes ont déjà été placées en garde à vue. Samedi, le procureur national Jean-François Ricard a fait le point.



D'origine Tchétchène, l'assaillant, inconnu des services de renseignements, avait un titre de séjour

L'assaillant, Abdoullakh A., est un jeune Russe tchétchène de 18 ans, né à Moscou. Connu pour des antécédents de droit commun, il n'a jamais été condamné. Il n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation, selon plusieurs sources proches du dossier. Il a obtenu le 4 mars 2020 un titre de séjour valable jusqu'en mars 2030 . Il a le statut de réfugié et habitait à Evreux (Eure).

"Un couteau de type poignard, une arme de poing de type airsoft et cinq cartouches de gaz (Conflans-Sainte-Honorine) ont été saisies" au domicile de l'assaillant à Evreux, a précisé le procureur. Il résidait à Evreux, dans un autre département, et Jean-François Ricard n'a pas précisé s'il avait à un moment fréquenté le collège Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, où travaillait la victime.

Le magistrat a confirmé les informations divulguées plus tôt dans la journée de samedi : l'auteur avait attendu le professeur à la sortie du collège, il savait qui il visait. On a retrouvé dans son téléphone des éléments qui prouvaient qu'il avait bien ciblé sa victime et qu'il voulait revendiquer son action comme un acte terroriste. La photo du cadavre a été retrouvée dans le téléphone de l'auteur.

Le message de revendication sur Twitter émanait bien de l'assaillant

Le message de revendication publié sur Twitter avec la photo du professeur d'histoire décapité vendredi près d'un collège à Conflans-Sainte-Honorine a été publié sur un compte appartenant bien à l'agresseur abattu par la police, Abdoullakh Abouyezidvitch A., a indiqué samedi le procureur national antiterroriste.

"Les investigations ont pu confirmer qu'il s'agissait bien d'un compte appartenant à l'auteur des faits", a déclaré Jean-François Ricard lors d'une conférence de presse. La première exploitation du téléphone de l'agresseur "a permis de retrouver dans le bloc-notes le texte de la revendication, enregistré à 12H17 ainsi que la photographie de la victime décédée horodatée à 16H57", a-t-il ajouté.

Le magistrat a également rappelé les circonstances autour des motivations de l'assaillant. L'enseignant avait donné un cours d'éducation civique le 5 octobre dernier sur la liberté d'expression, montrant à ses élèves des caricatures de Mahommet. Un cours qui avait suscité la colère de certians parents d'élèves, créant un contexte explosif autour de l'établissement scolaire et de son professeur. 

Neuf personnes en garde à vue : des proches de l'assaillant et un parent d'élève

Neuf personnes étaient en garde à vue samedi, dont les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, interpellés à Evreux (Eure). Sont également en garde à vue, le père de l'élève qui a appelé à la mobilisation contre l'enseignant.  Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes. L'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé la fille de ce parent d'élève dans une vidéo, ainsi que sa compagne, le sont également. Tous deux ont été interpellés à Evry. L'homme est connu des services de renseignement.

M. Ricard a souligné que le père de l'élève avait une demi-soeur qui était partie en 2014 rejoindre l'organisation Etat islamique en Syrie et faisait l'objet d'un mandat de recherche.

Deux personnes ayant été en contact avec l'agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d'Evreux vendredi soir, sont aussi en garde à vue.

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