Professeur décapité dans les Yvelines : l'assaillant a crié "Allah Akbar" avant d'être abattu

Professeur décapité dans les Yvelines : l'assaillant a crié "Allah Akbar" avant d'être abattu
Un policer monte la garde autour du périmètre de sécurité établit à Eragny, dans le Val d'Oise, où l'assaillant a été abattu par la police

, publié le vendredi 16 octobre 2020 à 22h00

Vendredi après-midi, un homme a été tué par balles par la police après avoir crié "Allah Akbar" à Eragny, dans le Val d'Oise. Il est le meurtrier présumé du professeur d'histoire retrouvé décapité peu de temps auparavant à quelques mètres de son collège, à Conflans Sainte Honorine, une ville voisine.

L'enquête, confiée au parquet antiterroriste, est en cours. 

Avant d'être abattu par la police, il a crié "Allah Akbar". Ce sont les derniers mots de l'agresseur du professeur d'histoire décapité vendredi 16 octobre dans l'après-midi à Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne, près d'un collège avant d'être tué par les forces de l'ordre, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

La victime avait fait parler de lui récemment dans son établissement scolaire après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression, suscitant la colère de certaines familles. Le professeur a été décapité à quelques mètres du collège, trois semaines après l'attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo au hachoir, et alors que le procès des attentats de 2015 est en cours. L'enquête a été confiée au parquet national antiterroriste.



La photo de la tête de la victime postée sur Twitter 

Les enquêteurs s'intéressent à un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre notamment une photo de la tête de la victime. Ils cherchent à savoir si elle a été postée par l'agresseur ou une autre personne.

Sous cette photo, un message adressé au président français Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", dit notamment: "j'ai exécuté un de tes chiens de l'enfer qui a osé rabaisser Muhammad" (nom en anglais du prophète Mahomet).

Les faits se sont déroulés vers 17H00 (15H00 GMT), près du collège du Bois d'Aulne, de Conflans-Sainte-Honorine. Les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de la ville ont été appelés pour un individu suspect rôdant autour d'un établissement scolaire, selon une source policière.

Sur place, ils ont découvert la victime et, 200 mètres plus loin sur la commune d'Eragny, ont tenté d'interpeller un homme armé d'un couteau qui les menaçait et ont fait feu sur lui. Ce dernier est mort de ses blessures.

Les riverains sous le choc

Le choc et l'incompréhension dominaient vendredi soir chez les riverains de cette ville pavillonnaire "calme et sans histoire".

Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la première association de parents d'élèves, dit avoir reçu un signalement vendredi dernier qui faisait état "d'un père extrêmement énervé" après la publication en classe d'une caricature de Mahomet.

La victime aurait, selon lui, "invité les élèves musulmans à sortir de la classe" avant de montrer une caricature du prophète accroupi avec une étoile dessiné sur ses fesses et l'inscription "une étoile est née".

"Mon fils était dans la classe le jour où le professeur les a fait sortir parce qu'ils étaient musulmans, parce qu'il devait montrer une caricature du prophète", a expliqué à l'AFP un parent d'élève ayant requis l'anonymat, dont le fils est en classe de 4e. 

"Il n'y a qu'une petite fille qui est restée, qui n'a pas voulu sortir, c'est cette petite fille-là qui a dit qu'il avait montré la photo d'un homme tout nu", a-t-il poursuivi.

"Apparemment, il n'a pas fait ça méchamment, mon fils m'a dit qu'il a fait ça pour préserver les enfants, pour ne pas être vexés, pour ne pas être choqués", a encore ajouté ce parent d'élève.

Vendredi soir, Emmanuel Macron s'est rendu sur place, accompagné de Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin et de Marlène Schiappa. Face à cette attaque d'une violence inouïe, une cellule de crise a été mise en place, et l'Exécutif doit rencontrer dès samedi les parents d'élèves et professeurs de l'établissement scolaire.

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