Prof braquée à Créteil : la version de l'enseignante

Prof braquée à Créteil : la version de l'enseignante
Le lycée Édouard Branly à Créteil, le 22 octobre 2018.

Orange avec AFP, publié le lundi 22 octobre 2018 à 18h51

Si elle semble "nonchalante" sur la vidéo, elle n'en était pas moins "choquée et surprise", assure son avocate.

L'enseignante braquée par un lycéen à Créteil est au centre d'une tempête médiatique qui est remontée jusqu'au sommet de l'État. Depuis les évenements, elle n'est pas ressortie de chez elle et n'arrive pas à dormir, a expliqué son avocate lundi 22 octobre.

"Surprise et très choquée", la professeure ne savait pas que l'arme était factice et a essayé de "réagir le plus intelligemment possible", a encore indiqué son avocate.

Sur la vidéo relayée sur les réseaux sociaux et qui a suscité l'indignation jusqu'au sommet de l'État, cette professeure de biotechnologie de 60 ans apparaît plus lasse que paniquée, assise face à son ordinateur alors que son élève de 16 ans braque un pistolet -factice- sur sa tête, et lui demande de l'inscrire "présent". La ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est dite "troublée" par "la nonchalance de la professeure, comme si c'était banal".


"Pas du tout", a répondu l'avocate de l'enseignante, Hajer Nemri. "Elle a été surprise, très choquée, et a opté pour l'attitude qui lui paraissait la plus appropriée. Elle ne savait pas si l'arme était factice ou pas. Elle ne voulait pas envenimer les choses et, aussi, elle en était incapable". 

"Elle connaissait déjà" l'adolescent, qui a été mis en examen dimanche pour violences aggravées. "Elle l'a eu l'an dernier en cours. C'est un élément perturbateur, il ne tient pas dans une salle, il est agité, il n'écoute pas, il sort de classe quand il veut", a-t-elle expliqué. Récemment, elle l'avait même "félicité", sentant une "progression" dans son attitude.

Contrairement aux apparences, la scène, filmée par un jeune qui n'a toujours pas été identifié, ne s'est pas déroulée pendant un cours, précise Me Nemri. Jeudi dernier, "l'élève était arrivé à l'heure, mais au milieu du cours, sans autorisation, il est sorti. Elle l'a donc marqué absent". Les lycéens sont arrivés dans la salle une fois le cours terminé. "Elle était seule, concentrée sur son ordinateur, elle n'a vu ces jeunes rentrer qu'au dernier moment".

"Très choquée", elle n'en a parlé "à personne, sauf à son mari". Puis "elle a préparé un rapport, qu'elle a remis au proviseur le lendemain matin", avant de porter plainte. Perturbée à la fois par les faits et leur large diffusion, "elle n'est pas sortie de chez elle depuis, et elle n'arrive pas à dormir", dit son avocate. Mais si "l'incident est grave", sa cliente regrette son "instrumentalisation" politique, a-t-elle ajouté.

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