Procès Tron : accusé de viols, le maire de Draveil a été acquitté

Procès Tron : accusé de viols, le maire de Draveil a été acquitté
Le maire de Draveil (Essonne) Georges Tron, jeudi 15 novembre au palais de justice de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
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Orange avec AFP, publié le jeudi 15 novembre 2018 à 15h20

L'ex-secrétaire d'État Georges Tron, ainsi que son ex-adjointe à la Culture à la mairie de Draveil (Essonne), ont été acquittés jeudi des accusations de viols et d'agressions sexuelles de deux anciennes employées municipales.

Le verdict est tombé, jeudi 15 novembre, pour le maire de Draveil Georges Tron et son ex-adjointe, Brigitte Gruel, accusés de viols et d'agressions sexuelles par deux anciennes collaboratrices. Tous deux ont été acquittés par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. L'avocat général avait requis, mercredi, six ans de prison contre l'ex-secrétaire d'État chargé de la Fonction publique sous Nicolas Sarkozy, et quatre ans contre Brigitte Gruel.  "Ce n'est pas une victoire de la défense mais de la justice", a réagi Me Dupond-Moretti, avocat de Georges Tron, à la sortie du tribunal. 

Au cours des quatre semaines de débat, les deux accusés ont toujours clamé leur innocence."J'ai passé sept années extrêmement difficiles. Je pense à ma famille. J'ai conscience que mon sort est entre vos mains. Je suis totalement innocent des faits qui me sont reprochés", avait déclaré l'élu de l'Essonne jeudi matin, avant que la cour ne se retire pour délibérer. "Je vous redis que je n'ai pas commis les faits, que je suis innocente", s'est également défendue son ancienne adjointe à la Culture à la mairie de Draveil, Brigitte Gruel.

L'avocat général avait requis six ans de prison ferme contre Georges Tron, "meneur" selon lui des scènes dénoncées. Quatre ans de prison ont été réclamés contre Brigitte Gruel, "petit soldat". Le représentant du ministère public avait également demandé qu'ils soient déclarés inéligibles pendant cinq ans et inscrits sur le fichier des délinquants sexuels.

Georges Tron plein d'assurance pendant tout le procès

Le maire de Draveil depuis 1995 et son ex-adjointe, 61 ans tous les deux, affirment que le "ressentiment" d'anciennes employées municipales a été exploité par leurs opposants locaux d'extrême droite. Depuis l'ouverture du procès, le 23 octobre, Georges Tron a souvent manifesté son agacement pendant les auditions. Il n'a toutefois jamais semblé se départir de son assurance, saluant chaleureusement les personnes venues le soutenir. Quatre semaines ont été dédiées à cette affaire - une durée exceptionnelle, trois jours étant généralement consacrés à un dossier de viol - et des dizaines de personnes ont été entendues. 

Virginie Ettel et Éva Loubrieu, 41 et 44 ans, accusaient Georges Tron et Brigitte Gruel de leur avoir, ensemble, imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010. Le scandale avait contraint Georges Tron à démissionner de son poste de secrétaire d'État à la Fonction publique du gouvernement Fillon le 29 mai 2011.

Un "climat sexualisé" à la mairie de Draveil

Au cours des débats, le président de la cour d'assises, Philippe Coirre, a une seule fois mis en garde les accusés : plusieurs témoins ont rapporté qu'il y avait un "climat sexualisé" à la mairie, "qui pourrait rendre plausibles les scènes décrites" par les plaignantes. Georges Tron reconnaît uniquement un "flirt" avec une ex-attachée parlementaire et une relation extraconjugale - toujours en cours - avec son adjointe à l'Urbanisme Sylvie Doncarli.

Pour l'avocat général, l'élu a "abusé de son pouvoir avec ses subordonnées" puis tenté de "politiser une affaire purement sexuelle" en dénonçant un complot. Ses réquisitions étaient très attendues, le ministère public s'étant jusque-là toujours opposé au renvoi devant les assises de l'élu et de son ex-adjointe. La tenue d'un procès avait finalement été décidée en 2014 par la chambre de l'instruction.

Un "système Tron"

Comme les parties civiles, l'avocat général a dénoncé un "système Tron", où la pratique par le maire de la réflexologie plantaire servait de "piège" pour toucher les femmes et leur imposer - progressivement - davantage. 

Mercredi, les avocats de la défense ont tour à tour plaidé l'acquittement devant une salle comble. Ils ont relevé des incohérences dans les récits des plaignantes et leurs contacts répétés avec les opposants du maire. Me Antoine Vey a dénoncé un "procès de la rumeur et de l'amalgame", un dossier "construit autour d'une mythologie", "une accumulation de riens". Éric Dupond-Moretti, a tempêté contre un réquisitoire "démago", fustigeant ce qu'il estimait être les ravages de la médiatisation et une sacralisation des déclarations des femmes se présentant comme victimes. 

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