Procès Merah : maître Dupond-Moretti a été "méchant", "pas digne", selon le frère d'une victime

Procès Merah : maître Dupond-Moretti a été "méchant", "pas digne", selon le frère d'une victime
Éric Dupond-Moretti à Paris, le 2 novembre 2017.

, publié le vendredi 03 novembre 2017 à 12h10

Le premier épisode du procès d'Abdlekader Merah, le frère du terroriste de Toulouse et de Montauban, s'est terminé jeudi par sa condamnation à 20 ans de réclusion criminelle. Mais, après cinq semaines de procès sous tension et huit heures de délibéré, l'épreuve n'est pas terminée pour les proches des victimes, puisque le parquet général a fait appel vendredi du verdict, déplorant que la "complicité d'assassinats" n'ait pas été retenue.

Alors que les débats ont été marqués par les témoignages poignants des proches des victimes, l'un d'entre eux a dénoncé vendredi 3 novembre l'attitude de l'avocat d'Abdelkader Merah, Éric Dupond-Moretti.


"Maître Dupond-Moretti était agressif.

Méchant. Pas digne. Irrespectueux, a déclaré Naoufal Ibn Ziaten, frère d'un des militaires assassinés par Mohamed Merah, sur franceinfo. Il n'a fait que polluer nos débats tout au long des cinq semaines. Brailler, crier, ce n'est pas digne d'un avocat (...). Il a oublié qu'on était sur le banc des victimes. Il nous a oubliés. Il nous a parlé comme à des assassins."

La voix cassée par l'émotion, Naoufal Ibn Ziaten a également décrit un procès "très éprouvant", "une salle qui a l'air sous tension, des regards avec Abdelkader qui faisaient peur." "Ça fait cinq ans et demi qu'on attend ça, et aujourd'hui, il me semble qu'on a voulu mettre un genou à terre face à cet ennemi. Il est resté debout, Imad", a-t-il encore dit, en référence à son frère, qui avait refusé de se mettre à plat ventre devant le terroriste.

La mère de Naoufal et Imad, Latifa a elle aussi déploré le verdict. "On est trop naïf en France. Il faut qu'on se réveille pour protéger notre pays, pour protéger nos enfants", avait-elle lancé jeudi soir devant les caméras. "J'avais une confiance totale et j'espère que je (ne) perdrai pas cette confiance. Parce que depuis que j'ai perdu mon fils, je suis restée debout. Mais là, je ne sais plus", a-t-elle ajouté, les larmes aux yeux. "J'espérais qu'il serait condamné à la perpétuité parce qu'il a aidé son frère. Vingt ans ! Il a déjà fait cinq ans. Dans moins de quinze ans il sera dans la rue et sera un danger pour nos jeunes".


"Je suis vraiment déçue, mon fils est mort pour rien. Je pense qu'ils (les magistrats de la cour, ndlr) n'ont pas été jusqu'au bout", a réagi cette Franco-marocaine de 57 ans, qui depuis l'assassinat de son fils parcourt la France à la rencontre des jeunes dans les cités, les écoles ou les prisons pour les convaincre de ne pas tomber dans une "secte terroriste".

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