Procès Merah : la boulette d'un enquêteur

Procès Merah : la boulette d'un enquêteur©Panoramic

6Medias, publié le lundi 16 octobre 2017 à 19h30

C'est un témoignage qui fera date dans le déroulé du procès du frère de Mohamed Merah, Abdelkader. Appelé à la barre lundi 16 octobre, un ancien responsable des services de renseignement a laissé échapper une information cruciale qui éclaire d'une lumière nouvelle les circonstances des attentats perpétrés par le jeune homme, comme le raconte L'Express.

Christian Balle-Andui, ex-directeur régional du renseignement intérieur toulousain, a expliqué qu'il avait, le 15 mars 2012, transmis à sa direction une note dans laquelle il avait listé une douzaine de noms de djihadistes présumés, dont celui de Mohamed Merah. Alors que deux militaires venaient, le même jour, d'être assassinés à Montauban, quatre jours après le meurtre d'un soldat à Toulouse, il jugeait que le suspect devait se trouver sur cette liste.

Sa direction, sur la piste de l'extrême droite, décide alors de négliger ces informations. Quatre jours plus tard, quatre personnes, dont trois enfants, sont abattues à l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse par un homme armé et casqué, venu sur les lieux en scooter. "Si on vous avait écouté monsieur, on ne serait dans doute pas là aujourd'hui. Vous avez donné une indication qui ne figure pas au dossier", a déclaré maître Morice, avocat des parties civiles, à Christian Balle-Andui.



Un coup de théâtre qui a provoqué une vive émotion dans la salle, et chez Christian Balle-Andui, qui a vite réalisé qu'il avait révélé des informations confidentielles, décidant ensuite de ne plus répondre aux questions concernant la collaboration éventuelle d'Abdelkader Merah aux agissements de son frère. "L'État est incapable de reconnaître ce que nous savons aujourd'hui, qu'il y a eu des fautes lourdes, inadmissibles de l'État. Le nom de Mohamed Merah était sur une fiche", a répété maître Morice. Christian Balle-Andui avait en outre adressé, sans succès, plusieurs demandes de judiciarisation du jeune homme dès le mois de juin 2011.

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