Procès Lionnet: la victime n'était pas retenue prisonnière, assure l'accusé

Procès Lionnet: la victime n'était pas retenue prisonnière, assure l'accusé
Catherine Devallonne (g), la mère de Sophie Lionnet, et son époux Stéphane Devallonne, le 16 avril 2018 à leur arrivée devant un tribunal de Londres où sont jugés les meurtriers présumés de Sophie

AFP, publié le mardi 17 avril 2018 à 15h49

Sophie Lionnet était libre de ses mouvements quand elle travaillait comme jeune fille au pair à Londres, a assuré mardi l'un des ses employeurs, poursuivi avec sa compagne pour le meurtre de la jeune Française devant la justice britannique.

Pouvait-elle aller et venir librement ? "Oh oui, oui. (Ce n'était) pas un problème du tout", a répondu l'accusé, Ouissem Medouni, un Français de 40 ans, au juge de la cour criminelle de l'Old Bailey, à Londres. 

Le cadavre calciné de la victime de 21 ans avait été retrouvé le 20 septembre 2017 dans le jardin du logement que l'accusé et sa compagne Sabrina Kouider, 35 ans, partageaient dans le sud-ouest londonien. 

Son corps présentait de multiples fractures au sternum, aux côtes et à la mâchoire mais en raison des brûlures, la cause exacte de la mort n'a pas pu être déterminée.

D'après Ouissem Medouni, Sabrina Kouider n'avait pas voulu que Sophie Lionnet les accompagne durant une courte escapade familiale avant la rentrée scolaire, début septembre 2017, avec les deux enfants que sa compagne avait eus avec deux autres hommes. 

"Elle est restée seule à la maison durant trois jours. Elle avait la clé", a-t-il assuré, vêtu d'un costume bleu marine, d'une chemise bleu clair et d'une cravate assortie.

- Pas payée -

Selon l'accusation, la jeune fille originaire de Troyes (sud-est de Paris) avait vécu un calvaire durant les vingt mois qui ont précédé sa mort, passés au service du couple en endurant intimidations, cris et violences. 

Elle avait à de nombreuses reprises exprimé auprès de ses employeurs et de sa mère son souhait de rentrer en France, mais n'avait pu le faire faute d'argent - elle n'était plus payée à la fin. 

Lundi, lors du premier jour de son audition, Ouissem Medouni avait exprimé des remords de ne pas avoir renvoyé Sophie Lionnet chez elle après une première agression physique par sa compagne en juillet 2017. 

Sabrina Kouider était, selon lui, persuadée que la jeune fille avait comploté avec le père d'un de ses enfants pour droguer et abuser sexuellement des membres de la famille. 

"J'aurais dû (...) lui acheter un billet et la renvoyer chez elle" en France, avait-il dit. "C'est allé crescendo après ça. Quand je repense à cette situation, je m'en veux vraiment. J'aurais pu l'éviter".

L'accusé a expliqué mardi avoir fini par croire les accusations portées contre Sophie Lionnet par sa compagne, qu'il avait dans un premier temps tenté de tempérer lors d'interrogatoires que le couple lui faisait subir pour tenter de la faire avouer. 

Les deux accusés plaident non coupables pour le chef d'accusation de meurtre. Ils ont en revanche plaidé coupables d'entrave à la justice pour avoir tenté de se "débarrasser" du corps "en le brûlant".

Le procès, qui a débuté le 19 mars, doit se poursuivre jusqu'au 11 mai. 

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