Procès Lagarde : un ancien cador de Bercy règle ses comptes

Procès Lagarde : un ancien cador de Bercy règle ses comptes

Christine Lagarde lors de l'ouverture de son procès devant la Cour de justice de la République, le 12 décembre 2016 à Paris.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 14 décembre 2016 à 16h57

On attendait l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, mais c'est finalement un autre ancien cador de Bercy, Bruno Bézard, qui a marqué mercredi le procès de l'ex-ministre, en accablant la gestion de l'affaire Tapie par tout "l'appareil d'État".

Peu après la reprise de l'audience à 9h00 mercredi 14 décembre, l'avocat de l'actuel PDG d'Orange, Stéphane Richard, annonce à la Cour de justice de la République (CJR) que celui qui fut directeur de cabinet de l'ancienne ministre de l'Économie ne viendra pas témoigner dans la matinée. Stéphane Richard, considéré comme l'un des hommes-clés de l'arbitrage Tapie qui vaut à Christine Lagarde d'être jugée, est lui-même mis en examen dans le volet non ministériel de l'enquête, ce qui lui donne des droits pour assurer sa propre défense.

Par exemple, il n'aurait pas prêté serment, et aurait pu décliner certaines questions. "Un sous-témoin", fait valoir Me Jean-Etienne Giamarchi. Il propose à la Cour de recevoir une déposition écrite de Stéphane Richard. La demande est sèchement rejetée.

Christine Lagarde est accusée de "négligence" pour avoir autorisé un arbitrage avec Bernard Tapie, ayant coûté 400 millions d'euros au contribuable. Elle insiste depuis le début du procès lundi sur la "confiance" qu'elle portait à son directeur de cabinet Stéphane Richard pour le traitement de ce dossier. Et Bruno Bézard charge encore la barque du patron d'Orange, qui selon lui voulait "quoiqu'il arrive aboutir à un arbitrage" en raison de sa "compréhension assez poussée des intérêts de M. Tapie". Avec Bruno Bézard, c'est toute la puissante technocratie du ministère des Finances qui s'invite à la barre. Ancien major de l'ÉNA, cet homme à l'intelligence redoutable et aux colères redoutées a passé 28 ans à Bercy jusqu'au poste plus prestigieux, celui de directeur général du Trésor, auquel il a été nommé sous le quinquennat Hollande. Il a vu passer 13 ministres.

DÉCISION "SCANDALEUSE"

En 2007 et 2008, lorsque se noue l'arbitrage frauduleux, il dirige l'Agence des participations de l'État (APE), en charge des "intérêts patrimoniaux" de la puissance publique. Cette agence s'oppose alors fermement, et vainement, à ce que l'État abandonne la voie judiciaire classique pour régler un vieux contentieux entre Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais. L'arbitrage était "une libéralité qui n'avait aucune justification", un choix "extrêmement dangereux" et "la pire des solutions", dit Bruno Bézard, qui travaille aujourd'hui pour un fonds d'investissement franco-chinois. Mais à l'époque, ses notes pour la ministre peinent à passer le filtre du cabinet dirigé par Stéphane Richard. Bruno Bézard n'est pas invité à plusieurs réunions décisives.

La présidente Martine Ract-Madoux s'étonne qu'il ne soit pas allé exposer directement son point de vue à Christine Lagarde. "J'ai indiqué au directeur de cabinet notre position à plusieurs reprises et fait savoir que j'étais disponible pour être reçu. - On ne dit pas 'je souhaite être reçu' ? - Cela revient au même." La réponse amuse Martine Ract-Madoux : "La cour a découvert qu'il y avait un langage codé au ministère des Finances".

Quand tombe la sentence en juillet 2008, l'APE veut batailler en justice, ce que Christine Lagarde refuse, au motif qu'il y a très peu de chances qu'un recours aboutisse. "Devant une décision aussi scandaleuse, même si nous n'avions qu'une chance sur mille de gagner", il fallait le tenter, déclare Bruno Bézard. Christine Lagarde écoute sans réaction cette charge, d'autant plus violente qu'elle est assénée en termes très choisis.

Mais l'ex-haut fonctionnaire n'en a pas seulement après la patronne du Fonds monétaire international (FMI). Il assure qu'elle n'était même pas au courant des dernières manipulations de la procédure d'arbitrage, qui ont permis à Bernard Tapie de toucher un pharaonique "préjudice moral" (45 millions d'euros). À entendre Bruno Bézard, si l'arbitrage, aujourd'hui soupçonné d'être un colossal détournement de fonds, a été décidé, c'est parce qu'une "bonne partie de l'appareil d'État allait dans ce sens". Il précise : "les membres du gouvernement, Matignon, la présidence de la République" et leurs proches conseillers. En 2007 et 2008, François Fillon était Premier ministre et Nicolas Sarkozy chef de l'État.

 
76 commentaires - Procès Lagarde : un ancien cador de Bercy règle ses comptes
  • Le ca binet noir de Hollande est en route ! un ancien sbire du gouvernement acquit au Roi ;refuse de dénoncer ou pas ses propres notes ,bizarre avez-vous dit . Tout cela n'est qu'un coup politique de plus à la Hollande avant qu'il aille définitivement en vacances.

  • avec la cour de justice de la république (parodie de tribunal) et avec à sa tête
    le procureur Général J.C MARIN ; la Sarkozie est bien représentée ;
    conclusion : relaxe systématique
    (elle devait être supprimée selon le programme électoral de Hollande)

  • dans ces commentaires nous sommes au bistro du coin, nous ânonnons nos "vérités" le tenancier nous sourit, fait semblant de nous croire et n'en pense pas moins, en sommes nous sommes de ânes avec tout de même une nuance: de 1 à 10 je veux bien avec mon franc parler et mes fautes d’orthographe dépasser ce score à chacun de mettre une note à ces âneries.

  • Bézard est un affidé du PS aux ordres de l'Elysée car il a été nommé par Hollande DG du Trésor (excusez du peu);
    Ce personnage est en train de régler des comptes purement politiques.

  • une chance sur 1000 de gagner il faut y aller ?
    Surtout quand on ne met pas son argent
    Le crédit lyonnais à triché avc ses sociétés dans les paradis fiscaux
    Ou sont les responsables de l'époque qui ont fait ce montage en rachetant Adidas à moindre coût pour ce graver par la suite c'est eux qui devraient être mis en examen

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