Procès en appel des époux Fillon : un an de prison ferme et 375 000 euros d'amende requis contre l'ancien Premier ministre

Procès en appel des époux Fillon : un an de prison ferme et 375 000 euros d'amende requis contre l'ancien Premier ministre
Les époux Fillon le 29 novembre 2021 à Paris avant leur procès en appel.

publié le lundi 29 novembre 2021 à 18h20

Le parquet a également demandé 10 ans d'inéligibilité à l'encontre de François Fillon. Contre son épouse Penelope Fillon, les magistrats ont requis deux ans d'emprisonnement avec sursis et 100.000 euros d'amende.

Le parquet général a requis lundi 29 novembre cinq ans d'emprisonnement dont un ferme, ainsi que 375.000 euros d'amende, à l'encontre de l'ancien Premier ministre François Fillon pour l'emploi "fictif" de son épouse Penelope Fillon.

A l'issue de près de quatre heures de réquisitoire à deux voix, les avocats généraux ont estimé que l'ex-chef du gouvernement devait être reconnu coupable. Ils ont demandé à ce que la peine, dont la partie ferme serait à purger sous bracelet électronique, soit assortie de 10 ans d'inéligibilité. 




Le ministère public a estimé que "la fictivité" de l'emploi comme assistante parlementaire de Penelope Fillon était "établie" et que François Fillon, "personnage éminent de la vie politique", avait été "à l'initiative" d'une "entreprise de détournement de fonds publics". Pour Penelope Fillon, qui a "adhéré pleinement" à ce "système d'enrichissement familial", les magistrats ont demandé deux ans d'emprisonnement avec sursis et 100.000 euros d'amende, ainsi que deux ans d'inéligibilité. Ils ont enfin requis trois ans de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité contre le suppléant de François Fillon, Marc Joulaud.

Une activité dans la "confidentialité" 

Selon l'accusation, Penelope Fillon a été rémunérée "indument" comme assistante parlementaire de son mari et du suppléant de ce dernier dans la Sarthe, lors de trois contrats entre 1998 et 2013, pour une rémunération totale de 612.000 euros nets. Ses tâches étaient "redondantes" avec celles d'autres collaborateurs et cet emploi était marqué par la "confidentialité", puisqu'il était connu seulement du "premier cercle" du couple, a souligné l'avocat général Bruno Revel.


 

"Penelope Fillon ne s'est jamais présentée comme la collaboratrice parlementaire de son mari et de Marc Joulaud" : dans la circonscription, "tout le monde (l')ignore !" a-t-il poursuivi, revenant sur chacune des missions que la Franco-Galloise a affirmé accomplir alors. Les "mémos" en préparation des manifestations locales ? "Il n'en a été retrouvé aucune trace". La relecture des discours, l'accueil d'administrés à domicile, la gestion du courrier ? Autant de tâches "impalpables". Les "remontées d'informations" depuis le terrain ? Une activité "évanescente, pour ne pas dire vaporeuse", a insisté le magistrat.

Cinq ans d'emprisonnement dont deux ferme en première instance

Entre 2002 et 2005, Penelope Fillon a été embauchée par le suppléant de François Fillon, nommé ministre. "Quelle situation extravagante que celle d'un député qui se voit imposer un collaborateur", a ironisé Bruno Revel, décrivant Marc Joulaud comme "l'homme de paille" de François Fillon, un "employeur par procuration". 

En première instance, l'ancien locataire de Matignon avait été condamné le 29 juin 2020 à cinq ans d'emprisonnement dont deux ferme, 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité. Penelope Fillon s'était vu infliger trois ans de prison avec sursis, 375.000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité et Marc Joulaud, 54 ans, trois ans avec sursis, 20.000 euros d'amende avec sursis et 5 ans d'inéligibilité.

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