Procès du 13-Novembre : plusieurs accusés perdent leurs nerfs

Procès du 13-Novembre : plusieurs accusés perdent leurs nerfs
Dessin de Salah Abdeslam au premier jour du procès des attentats du 13-Novembre, le 8 septembre 2021.

publié le samedi 16 octobre 2021 à 08h30

Le témoignage de rescapés britanniques du Bataclan a été perturbé vendredi 15 octobre par les accusés qui se sont levés pour se plaindre notamment des gendarmes qui les encadrent, obligeant le président Jean-Louis Périès à suspendre brièvement l'audience.

"Qu'est-ce qu'il se passe encore dans le box?". La 26e journée du procès des attentats du 13 novembre 2015 a été le théâtre vendredi 15 octobre d'un coup de sang des accusés.

Les incidents ont commencé alors que témoignaient à la barre des rescapés britanniques du Bataclan.



Alors qu'un nouveau témoin arrivait à la barre, un mouvement agite le box des accusés. "Qu'est-ce qu'il se passe dans le box ?", s'agace le président Jean-Louis Périès. "Il y a une personne qui me fixait au loin", rétorque l'acccusé Mohamed Amri. "Espèce de guignol ! Narvalo !", lui lance alors un homme sur le banc des parties civiles, avant de sortir de la salle, rapporte France Inter. 

Le témoignage des Anglais reprend, mais est de nouveau interrompu quelques instants plus tard par un nouvel incident venu du box des accusés. "Qu'est-ce qu'il se passe encore dans le box?", gronde le président. "Avec les (autres) gendarmes, y'avait pas de problème, avec cette équipe d'handicapés c'est tous les jours des problèmes!", éructe Mohamed Abrini, un des logisticiens des attentats. "Monsieur le président, on a eu affaire à des gendarmes pendant un mois, pas un seul problème, et là, c'est des 'chut, taisez-vous' ! Moi j'ai envie de parler, je parle avec mon pote ça fait six ans que je l'ai pas vu !", insiste Mohamed Abrini. Le "pote" en question c'est Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

"Monsieur Abrini, il y a interdiction de communiquer entre vous pendant l'audience", lui rappelle alors calmement le président. "Je lui parle quand je veux", insiste Mohamed Abrini. "Non. C'est moi qui décide", rappelle fermement le président qui lui demande de s'asseoir.

Outrage à magistrat

Salah Abdeslam se lève alors et exige de quitter le box. "C'est pas vous qui décidez. Vous vous asseyez et puis c'est tout. Vous voulez un outrage à magistrat, c'est ça que vous voulez? Stop, on se calme, c'est vendredi, on va peut être éviter tout incident", répond le président avec fermeté. "Je pense avoir fait preuve de considération à l'égard des accusés, j'aimerais qu'il en soit de même de la part des accusés vis-à-vis de la cour. A bon entendeur, comme dirait l'autre", poursuit-il.

Salah Abdeslam râle mais son micro est coupé. On l'entend malgré tout dire qu'il ne veut pas qu'on lui parle "comme à un gamin".

A la reprise, Jean-Louis Périès précise : "C'est au président qu'il appartient de régler ce qui se passe à l'intérieur du box. Il y a interdiction de communiquer entre vous, on va veiller à ce que cela soit davantage respecté".
 

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