Procès du 13-novembre : les propos d'Abdeslam sont "d'une indignité absolue"

Procès du 13-novembre : les propos d'Abdeslam sont "d'une indignité absolue"  ©Panoramic

publié le mercredi 15 septembre 2021 à 21h29

Lors du sixième jour d'audience du procès des attentats du 13-Novembre, mercredi 15 septembre, les membres des parties civiles présents dans la salle ont été outrés, selon certains médias français, par les propos de Salah Abdeslam, principal accusé.  

Mercredi 15 septembre, six jours après l'ouverture du procès des attentats du 13 novembre 2015, les rescapés, parties civiles et familles de victimes ont été révoltés par le discours tenu par Salah Abdeslam, seul survivant des commandos terroristes des attentats de Paris et Saint-Denis.

Ce dernier a déclaré, comme le rappelle franceinfo, dès les premières minutes de cette sixième journée : "On a combattu la France, nous visions la population, des civils, mais on n'a rien de personnel à leur égard. Quand on a visé ces gens-là, on a visé la France et rien d'autre". Ces propos ont indigné et provoqué l'ire des personnes présentes dans la salle. "Il nous dit ouvertement, à nous les victimes 'ce n'est pas de votre faute, mais bon vous étiez là, pas de chance quoi', c'est une honte", témoigne David Fritz-Goeppinger, sur BFM TV, qui était au Bataclan le soir des faits. "C'est un discours haïssable qui a le mérite de la limpidité. Chaque élément hérisse profondément", a estimé pour sa part le père d'une jeune fille tombée sous les balles des terroristes.



Tout au long de sa prise de parole, Salah Abdeslam justifiera ses actes, sans éprouver le moindre remords. Il estime qu'il doit être le plus clair et concis dans ses propos tout en rappelant qu'il n'est "pas provocateur". "Les avions français qui bombardent l'État islamique ne font pas la distinction entre l'homme, la femme et les enfants. Nous voulions faire subir à la France, la même douleur que nous subissons", a-t-il notamment déclaré. Des propos "d'une indignité absolue", déplore David Fritz-Goeppinger auprès de la chaîne d'information. "C'est un manque de respect envers le vécu de toutes les victimes", a-t-il ajouté.  José Munoz, père d'une victime des attentats s'est aussi exprimé sur BFMTV pour expliquer que "Salah Abdeslam attendait des réactions de la part des parties civiles. Il n'en obtiendra pas (...) Son intervention est nulle et non avenue (...) et non recevable".

À l'inverse, Sophie Parra, rescapée du Bataclan, laisse éclater sa colère lors d'une suspension de séance. Le Point rapporte sa déclaration : "Au lieu de dire qu'il était désolé, il a juste justifié ce qu'il avait fait. Je pense qu'il a fait le show, qu'il sait que ses propos vont être relayés. Je témoignerai, j'attends de pouvoir lui répondre, lui dire ce qu'a été mon 13-Novembre".
 

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