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Procès de Viry-Châtillon : trois condamnés se pourvoient en cassation

Procès de Viry-Châtillon : trois condamnés se pourvoient en cassation
Un rassemblement de policiers contre le verdict du procès de Viry-Châtillon le 20 avril 2021 à Paris.

publié le jeudi 22 avril 2021 à 09h26

Ils ont écopé des peines les plus lourdes, 18 ans de prison, reconnus coupable de tentative de meurtre.  

Trois hommes reconnus coupables de tentative de meurtre sur des policiers vont se pourvoir en cassation.

La cour d'Assises des mineurs de Paris, au terme de six semaines de procès à huit-clos, les a condamnés dimanche en appel à 18 ans de réclusion pour avoir attaqué et brûlé des policiers à Viry-Châtillon en 2016.  



Trois d'entre eux, qui avaient été condamnés à 18 ans de réclusion, se sont pourvus en cassation, a appris l'AFP mercredi auprès de leurs avocats. Après le verdict, le doute persiste : les assaillants étant masqués, il était impossible de les reconnaitre et l'enquête a reposé sur beaucoup de témoignages, dont certains se contredisaient, et le bornage téléphonique. La défense dénonce de "graves irrégularités" commises pendant l'enquête, comme des faux en écriture ou des violences policières en garde à vue. Les interrogatoires auraient été mal retranscrits, à la défaveur des accusés. "C'est une erreur judiciaire, on a mis des innocents en prison car il fallait des noms à tout prix", regrette Me Sarah Mauger-Poliak, avocate d'un jeune acquitté à deux reprises.

"Je les soutiens de toutes mes forces"

Ces critiques ont fait réagir le directeur général de la police nationale Frédéric Veaux qui a pris la défense des enquêteurs. "Je les soutiens de toutes mes forces quoi qu'il arrive et quoi qu'on dise. Je les défends et je les défendrai", a-t-il déclaré mercredi à l'AFP. "Je n'accepterai pas que cette affaire devienne le procès de la police ou encore pire le procès des policiers qui ont fait cette enquête", a ajouté le DGPN, qui ira "très vite" voir les enquêteurs.

"Je prends rarement la parole", mais "je le fais pour soutenir le travail des enquêteurs dont je mesure la difficulté, la complexité et l'engagement que cela nécessite".

Un verdict jugé trop clément

Le directeur général a mis en outre l'accent sur le fait que les policiers enquêteurs mis en cause étaient "dans l'incapacité de répondre", en raison de leur statut, aux attaques qu'ils subissent actuellement. "C'est au-delà d'un engagement professionnel classique dans ces situations-là, ils y mettent beaucoup d'eux-mêmes, ce ne sont pas des affaires faciles". A ceux qui critiquent le choix de confier cette enquête à la Sûreté du département où s'est produite cette attaque de policiers, Frédéric Veaux a fait valoir que c'était le parquet qui choisissait le service enquêteur.

Cinq des treize prévenus ont été jugés coupables. Les trois cités plus haut et condamnés à 18 ans de réclusion, un autre à huit ans de prison, un dernier à cinq ans de réclusion. Le verdict est dénoncé comme trop clément par les syndicats de policiers, les avocats des victimes et de nombreux responsables politiques. 

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