Procès de Nordahl Lelandais : "On ne sait pas s'il a violé Maëlys, ni de quoi elle est décédée", déplore la mère de la fillette

Procès de Nordahl Lelandais : "On ne sait pas s'il a violé Maëlys, ni de quoi elle est décédée", déplore la mère de la fillette
Hommage à Maëlys au Pont-de-Beauvoisin, dans l'Isère, le 15 février 2018.

publié le mercredi 26 janvier 2022 à 13h57

La maman de Maëlys, Jennifer de Araujo, s'est exprimée dans la presse mercredi 26 janvier à quelques jours de l'ouverture du procès de Nordahl Lelandais. 

Moins d'un an après sa condamnation pour le meurtre du caporal Noyer, Nordahl Lelandais doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre précédé de l'enlèvement et de la séquestration de Maëlys, 8 ans. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.



La maman de la fillette, Jennifer de Araujo, s'est exprimée dans la presse mercredi 26 janvier.

Elle s'est souvenue, sur le plateau de BFMTV, d'une petite fille "énergique, qui aime faire du sport, aider les autres et adore les animaux".

Maëlys a été enlevée le 27 août 2017, lors d'un mariage dans l'Isère, où ses parents avaient été invités. "Elle joue avec les enfants, je suis contente pour elle parce qu'elle avait eu une année difficile, comme à l'école elle se faisait embêter par des enfants de sa classe", a confié la maman.

Elle a livré quelques détails de la soirée au Parisien. "Maëlys est venue me demander si elle pouvait aller voir les chiens de son 'copain'. J'ai donné mon accord, mais je l'ai accompagnée, parce qu'on ne le connaissait pas", a-t-elle évoqué.

Aprèsla disparition de sa fille, Jennifer de Araujo a donc rapidement soupçonné Nordahl Lelandais : "Quand j'ai commencé à chercher Maëlys, je l'ai cherché lui aussi. J'ai fini par le trouver sur le parking. Quand je lui ai demandé s'il avait vu ma fille, il m'a répondu 'non' d'un ton blasé, ça sonnait faux."

Puis d'évoquer, à BFMTV, "la dernière fois" qu'elle a vu Maëlys : "Elle s'assoit sur mes genoux et elle me dit 'j'aime pas trop le dessert'", s'est souvenue la mère de la petite fille.




"C'est au moment où elle était sur mes genoux que je lui fais le dernier bisou sur sa joue, c'est la dernière fois. Si on savait que c'était le dernier instant, on la retiendrait vers nous pour que jamais elle ne parte", a-t-elle ajouté.

La mère de Maëlys se sent "coupable" : "On se dit qu'on ne l'a peut-être pas assez surveillée, après c'était un mariage donc tout le monde est connu des mariés, on est insouciants."

Auprès du Parisien, elle a évoqué ce procès, qui "va être très dur".



"On a des doutes sur tout : on ne sait pas s'il l'a violée, de quoi elle est décédée, quels ont été les derniers mots qu'elle a prononcés... J'aimerais qu'il m'explique aussi comment il l'a convaincue de monter dans sa voiture", a livré la maman de la fillette.

"J'attends qu'il soit condamné à rester le plus longtemps possible en prison, compte tenu de tout le mal qu'il a fait et qu'il pourrait encore faire", a-t-elle continué.

Au micro de RTL, elle s'est interrogée : "Qu'est-ce que (Nordahl Lelandais) a pu faire à Maëlys ? Comment il a pu nous faire ça ? Nous mentir tout ce temps, à nous faire attendre, à être en mode survie."



L'accusé a longtemps nié

L'accusé, détenu à l'isolement au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), lui, attend le procès "sûrement comme quelqu'un qui encourt la perpétuité", selon une source proche du dossier.

Nordahl Lelandais a longtemps nié avant d'être confondu en février 2018 par la découverte d'une tache de sang dans le coffre de sa voiture, désossée par les enquêteurs. Il déclare alors avoir tué Maëlys "involontairement" en lui portant des coups très violents au visage.

Mais ni cet aveu ni l'autopsie du corps n'ont permis de faire la pleine lumière sur cette affaire, marquée dès les premiers jours par un énorme retentissement médiatique.

Les versions livrées par le suspect n'ont cessé d'évoluer durant les premiers mois de l'enquête. S'il a admis que la petite fille était montée dans sa voiture, on ignore encore dans quelles conditions. Et les circonstances du décès de l'enfant restent entourées de zones d'ombre.

"La question d'un éventuel mobile sexuel se posera vraisemblablement" même si les poursuites pour viol ont été écartées pendant l'instruction faute d'élément matériel, note Me Fabien Rajon.

L'accusé devra aussi s'expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines de 5 et 6 ans. Et sur des images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur et dans ses téléphones.

Son procès à Chambéry pour le meurtre d'Arthur Noyer n'avait pas vraiment permis de cerner sa personnalité énigmatique. Condamné en mai 2021 à 20 ans de réclusion, il n'a pas fait appel.

A ce jour, aucun élément n'a permis d'étayer les multiples spéculations sur son possible parcours de "tueur en série". Une cellule spéciale a épluché pendant trois ans plus de 900 dossiers non élucidés, pour tenter de trouver un lien. Sans résultat.

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