Procès de Jonathann Daval : les parents d'Alexia espèrent "de nouvelles révélations"

Procès de Jonathann Daval : les parents d'Alexia espèrent "de nouvelles révélations"
Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, les parents d'Alexia Daval, en route vers la cour d'assises de la Haute-Saône, à Vesoul, le 16 novembre 2020.

, publié le lundi 16 novembre 2020 à 10h15

Alors que s'ouvre ce lundi le procès de leur gendre pour le meurtre de leur fille, les parents d'Alexia assurent "n'attendre pas une peine exemplaire, mais une peine juste".

Trois ans après le meurtre de sa femme Alexia, le procès de Jonathann Daval s'est ouvert lundi 16 novembre peu après 09H00 devant la cour d'assises de la Haute-Saône, à Vesoul. L'informaticien de 36 ans, qui a reconnu le meurtre de son épouse après bien des revirements, est apparu vêtu d'une marinière et amaigri. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité à l'issue des plaidoiries prévues vendredi.




Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, les parents de la victime, "n'attendent pas une peine exemplaire, mais une peine juste", a assuré lundi matin sur BFMTV, juste avant l'ouverture du procès, l'avocat de la famille. "Les parties civiles sont impatientes puisque nous avons vu ces derniers jours dans la presse que Jonathann Daval annonce des révélations", a commenté Me Jean-Hubert Portejoie. "J'espère sincèrement que ces révélations permettront d'obtenir une réalité judiciaire parce qu'il y a encore de nombreuses zones d'ombre dans ce dossier, je pense à l'éventuelle préméditation, l'éventuelle complicité." "On espère qu'il soit sincère. Il ne l'a pas été très souvent. (...) Il a souvent été dans le déni, dans les mensonges", a poursuivi l'avocat.

"Quelle histoire, il va nous sortir? Oui, on est là pour avoir de nouvelles révélations et mettre en exergue tout ce qu'a subi Alexia. On ne ferait pas ça à un animal, c'est l'horreur la plus totale", a de son côté affirmé Mme Fouillot

"Comment comprendre ce qu'il s'est passé?", s'est également interrogé sur BFMTV Caty Richard, avocate d'une partie de la famille d'Alexia Fouillot. "Jonathann leur a livré toute sa vie durant un double visage, il n'est jamais authentique. (...) Ce qu'on attend aujourd'hui, c'est de voir son vrai visage." "Il est certain qu'il s'est passé plus de choses qu'il n'en a reconnues, je pense notamment à une soumission chimique d'Alexia", a-t-elle achevé.

Les proches de la jeune femme le soupçonnent en effet de l'avoir intoxiquée pendant de longs mois avant sa mort.

"Il s'est jeté à mes genoux d'un coup, en disant que c'était lui"

A l'automne 2017, survenu en plein mouvement #MeToo, le meurtre de la "joggeuse" Alexia Daval, une conseillère bancaire de 29 ans, avait frappé les esprits. Tout avait commencé le 28 octobre. Ce jour-là, Jonathann Daval se rend à la gendarmerie de la petite commune de Gray, en Haute-Saône, pour signaler la disparition d'Alexia qui tarde, selon lui, à revenir de son footing. Deux jours plus tard, après d'intenses recherches de la gendarmerie et des habitants du secteur, le corps partiellement calciné de la jeune femme est découvert dans un bois voisin, dissimulé sous des branchages. Le visage ravagé par le chagrin de Jonathann s'affiche alors sur tous les écrans. Lors d'une marche blanche en mémoire de sa femme, soutenu par ses beaux-parents qui l'aiment "comme un fils", il déclare entre deux sanglots : Alexia "était ma première supportrice, mon oxygène".

Mais trois mois plus tard, le 29 janvier 2018, Jonathann est placé en garde à vue à la stupéfaction générale. Le jeune homme commence par nier, puis il craque, confronté à sa belle-mère, reconnaissant avoir tué sa femme lors d'une dispute à leur domicile, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017.

"Je pense qu'il s'est jeté à mes genoux d'un coup, en disant que c'était lui et qu'il était impardonnable. Je me souviens juste de ça. Il s'est jeté à es genoux, et je l'ai relevé", a expliqué Isabelle Fouillot auprès de BFMTV dans le documentaire "Daval, la série", diffusé lundi soir sur la chaîne d'info. 




Durant les deux années de l'instruction, il changera plusieurs fois de version, se rétractant, puis accusant même son beau-frère, avant de reconnaître de nouveau le meurtre lors d'une audition bouleversante devant le juge d'instruction. En juin 2019, il avouera même lors de la reconstitution avoir incendié la dépouille de sa femme, ce qu'il niait jusqu'alors.

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