Procès Charlie Hebdo : un hommage à Samuel Paty

Procès Charlie Hebdo : un hommage à Samuel Paty
(illustration)

, publié le lundi 19 octobre 2020 à 12h47

L'enseignant "a eu raison" de montrer les caricatures de Mahomet à ses élèves, selon l'avocat de Charlie Hebdo.

"Ce ne sont pas ceux qui les ont dessinées qui sont morts mais ceux qui les ont montrées". Un hommage a été rendu lundi 19 octobre à Samuel Paty pendant le procès des attentats de janvier 2015.

La cour d'assises spéciale de Paris, où sont jugés 14 personnes accusées de soutien logistique aux auteurs des tueries de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyper Cacher, "tient à exprimer son émotion suite à l'assassinat" de Samuel Paty, a déclaré le président Régis de Jorna.

Cet enseignant, tué après avoir montré en classe des caricatures de Charlie Hebdo, est "mort du seul fait d'avoir transmis à ses élèves ce que représentait la liberté de pensée et la liberté d'expression", a poursuivi le président à la reprise des débats.


"Encore une fois, ce sont des caricatures de Charlie Hebdo" qui sont en cause, mais "ce ne sont pas ceux qui les ont dessinées qui sont morts mais ceux qui les ont montrées", a martelé l'avocat de l'hebdomadaire satirique, Me Richard Malka. En France, "il y a une liberté d'expression, il y a une liberté d'enseigner. Nous avons eu raison de publier ces caricatures, Samuel Paty a eu raison d'en parler", a insisté le conseil historique de Charlie Hebdo.

Samuel Paty a été décapité vendredi vers 17h près du collège où il enseignait l'histoire-géographie dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Son assaillant, un Russe tchétchène de 18 ans, a ensuite été tué de neuf balles par la police. Dans un message diffusé sur Twitter, ce dernier a expliqué son meurtre en disant vouloir se venger de celui "qui a osé rabaisser Muhammad". Ce geste a provoqué l'effroi en France, poussant des dizaines de milliers de personnes à se rassembler dimanche.

"Quand un professeur est lâchement et odieusement décapité parce qu'il enseignait la liberté d'expression, nous sommes tous concernés", a estimé lundi l'un des avocats de la défense, Me Jean Chevais. "Soyons unis le temps d'une minute pour Samuel Paty", a-t-il ajouté. Un message soutenu par Samia Maktouf, avocate de parties civiles, qui a appelé à "la défense de la liberté d'expression et la liberté de penser".

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