Prisons : les agressions se multiplient à la veille d'un nouveau mouvement social

Prisons : les agressions se multiplient à la veille d'un nouveau mouvement social

La prison de Sequedin le 13 avril 2013 (Illustration).

Orange avec AFP, publié le dimanche 21 janvier 2018 à 20h58

Alors que les syndicats de surveillants de prison appellent à un nouveau "blocage total" des établissements lundi, deux gardiens ont été agressés par un détenu à la prison de Longuenesse dimanche et un autre blessé lors d'une interpellation au centre pénitentiaire du Craquelin.

À la veille d'un nouveau mouvement social de la part des syndicats de surveillants de prison pour dénoncer les agressions, les incidents se sont multipliés dimanche 21 janvier. Un surveillant et une surveillante ont notamment été agressés à la barre de fer  par un détenu à la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais), près de Saint-Omer, et ont été conduits à l'hôpital. 

"Un détenu a agressé deux surveillants avec un pied de table et les a touchés au bras. Les surveillants ont été conduits à l'hôpital", a indiqué à l'AFP la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). Yannick Lefebvre, du syndicat Ufap-Unsa à la prison de Longuenesse, a confirmé l'agression en précisant qu'elle avait eu lieu vers 18h30. Elle a eu lieu dans ce centre de détention où les cellules sont ouvertes jusqu'à 18h30. "Il a certainement arraché le pied de table pour agresser le personnel", a-t-il ajouté.

Une action préméditée à Longuenesse

D'après le secrétaire interrégional FO pénitentiaire Julien Martin, "deux détenus avaient prémédité leur action et un seul est passé à l'acte".  L'agresseur présumé "les a frappés avec un pied de table, une barre de fer de 80 cm de long, de 5 cm sur 5 cm. Les deux surveillants ont été blessés gravement car ils ont été conduits à l'hôpital, l'un des deux a peut-être un bras cassé", a dit M. Martin. L'agresseur, un détenu de droit commun, a été placé en garde à vue, selon M. Martin. 

"On est très choqué, ça ne va faire qu'amplifier la grogne et il y aura un durcissement demain à Longuenesse", a dit M. Martin alors que les syndicats de surveillants de prison ont prévu de reprendre l'épreuve de force avec le gouvernement en appelant à un nouveau "blocage total" des établissements lundi. "Il s'agit encore une fois d'une agression envers le personnel, on n'en peut plus : c'est quotidien!" a estimé M. Lefebvre.

Une interpellation musclée au Craquelin

Un autre gardien a été blessé ce dimanche au centre pénitentiaire du Craquelin, à Châteauroux (Indre), rapporte par ailleurs La Nouvelle République. 

Des surveillants sont intervenus dans une cellule à l'appel d'un détenu qui était "en situation de violence", selon le parquet. Les surveillants ont alors tenté de procéder à l'interpellation du détenu, qui leur a projeté une chaise. L'un des surveillants a été blessé et s'est vu délivrer un jour d'ITT (incapacité totale de travail).

Selon Force ouvrière, le détenu a crié "Allahu akbar" lors de l'agression. Il aurait été muni d'une arme blanche, selon plusieurs sources, rapporte le site d'information. 

Le détenu, "une personne qui ne posait pas de problème", selon le parquet, a ensuite été emmené en quartier disciplinaire. Le commissariat a été saisi de l'enquête et a récupéré les images de vidéosurveillance afin de les analyser.

Des détenus qui refusent de regagner leurs cellules dans le Nord

Les prisons de Maubeuge et Sequedin (Nord) ont également connu des tensions ce dimanche, plusieurs dizaines de détenus ayant refusé de regagner leur cellule à la fin de la promenade.

À Sequedin, où 160 détenus refusaient de rejoindre leur cellule, "tout est rentré dans l'ordre, l'intervention des Eris (Equipes régionales d'intervention et de sécurité, ndlr) s'est bien passée", a déclaré à l'AFP vers 18h Guillaume Pottier, secrétaire Ufap-Unsa pour les Hauts-de-France. "Les détenus voulaient être solidaires du mouvement des surveillants, on ne sait pas trop si c'est vrai ou si c'est une blague", a-t-il ajouté.

À Maubeuge, le mouvement a concerné une quarantaine de détenus. Dans cet établissement, "les détenus sont remontés vers 17h15, ils sont restés deux heures de plus dans la cour de la promenade", a expliqué à l'AFP Christophe Loyer, du syndicat Ufap-Unsa Justice.

La veille, des Eris avaient été dépêchées à la prison de Maubeuge à la suite d'un "mouvement d'excitation" d'une vingtaine de détenus, selon l'administration régionale pénitentiaire. "C'était chaud : il y a eu pas mal de dégâts, des serrures bouchées, des carreaux cassées dans une aile. Cinq détenus ont été placés au quartier disciplinaire", a expliqué dimanche Christophe Loyer à propos des incidents de samedi dont il a été témoin.

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