Prisons : le cri d'alarme de la directrice de Fleury-Mérogis

Prisons : le cri d'alarme de la directrice de Fleury-Mérogis
La prison de Fleury-Mérogis (Essonne), en octobre 2015.

publié le samedi 02 juillet 2016 à 14h29

- Selon les informations de BFM TV, la directrice de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) a envoyé une lettre à sa hiérarchie pour dénoncer la surpopulation dans son établissement. -

Racket, bagarres entre détenus, violences à l'encontre du personnel...

La tension semble à son comble dans la prison de Fleury-Mérogis. "J'appelle votre attention sur la situation particulièrement inquiétante des effectifs de la population pénale", écrit en préambule la directrice de la prison dans une lettre adressée au préfet de l'Essonne et au directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris, datée du 20 juin. Selon la chaîne d'information en continu "n'a pour le moment pas entraîné de changement au sein de l'établissement".

La prison compte actuellement plus de 4.500 détenus pour près de 3.000 places. "Nous constatons depuis quelques jours que le nombre d'écrous atteint des sommets. A titre d'exemple, ce week-end, nous avons écroué 85 personnes", écrit-elle, soit 30% de détenus en plus qu'un week-end moyen. Parmi eux, 109 personnes incarcérées pour des faits de terrorisme (record en France), comme Salah Abdeslam, membre présumé des commandos des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Sa cellule est sous video-surveillance en permanence.



LE PERSONNEL PÉNITENTIAIRE ÉPUISÉ

Elle décrit une situation intenable : "Les quartiers arrivants sont saturés et il devient très difficile d'affecter les personnes détenues en tenant compte des profils vulnérables, récidivistes, etc". Et d'ajouter : "Le bâtiment D4 qui accueille les mineurs sert de variable d'ajustement et permet de désencombrer les autres bâtiments dont les effectifs dépassent les 900 détenus".

Résultat ? La directrice décrit un épuisement des personnels pénitentiaires. "Les équipes d'encadrement sont fatiguées", écrit-elle. "Les individus se retrouvent au sol. L'agent qui ouvre la porte va être face immédiatement à une tension", explique à BFM TV Marcel Duredon, syndicat FO-Pénitentaire. "C'est à dire que l'individu qui dort au sol, il aura mal dormi. Il est pas hébergé dans de bonne condition, donc il y a forcément des tensions", explique-t-il. La prison compte pas moins de 16 matelas au sol, alors que "la plupart des cellules comportent deux lits".

La surpopulation carcérale n'est pas une problème propre à la prison de Fleury-Mérogis. Le 20 juin dernier, le centre pénitentiaire de Perpignan était par exemple bloqué par quelque 70 surveillants qui dénonçaient, eux aussi, "des conditions de travail inacceptables" et "la surpopulation carcérale". Selon l'UFAP, la maison d'arrêt de Perpignan prévue pour 136 prévenus hommes en abrite 301 avec en conséquence 63 détenus installés sur des matelas au sol. Autre exemple : la maison d'arrêt de Nanterre - où un détenu s'est suicidé en avril dernier - compte, elle, 1.000 détenus en moyenne pour 592 places. La situation est encore plus problématique dans les prisons des Territoires d'Outre-Mer.

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