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Prisons: des négociations sous tension après une nouvelle agression en Corse

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 La ministre de la Justice Nicole Belloubet escortée à sa sortie d'une visite à la prison de Borgo en Corse, le 19 janvier 2018

La ministre de la Justice Nicole Belloubet escortée à sa sortie d'une visite à la prison de Borgo en Corse, le 19 janvier 2018

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© AFP, PASCAL POCHARD-CASABIANCA

AFP, publié le vendredi 19 janvier 2018 à 22h07

La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est rendue vendredi en Corse au chevet de deux surveillants blessés par un détenu, puis à la prison de Borgo, théâtre de l'agression qui a de nouveau tendu les négociations autour des questions de sécurité dans les établissements pénitentiaires.

Deux gardiens de prison ont été blessés par un détenu signalé pour radicalisation, peut-être aidé par des complices, vendredi matin dans ce centre pénitentiaire de Haute-Corse, alors que se poursuivaient à Paris les négociations entre syndicats et administration pénitentiaire, au quatrième jour de mobilisation nationale des surveillants de prison. 

"Les négociations vont durer. L'essentiel est d'arriver à un accord solide", assurait-t-on vendredi en début de soirée à la direction de l'administration pénitentiaire (DAP), notant des situations "extrêmement disparates" selon les régions et les établissements. 81 établissements ont été bloqués vendredi, selon une source à la DAP, avec un impact sur les extractions judiciaires ou les parloirs.

Dans la matinée, des incidents avaient eu lieu à Fleury-Mérogis, contribuant déjà à tendre les discussions: les forces de l'ordre ont chargé et tiré des gaz lacrymogènes sur 150 gardiens qui bloquaient l'accès à la plus grande prison d'Europe (plus de 4.300 détenus). 

- "Mesure ultime" -

Le syndicat FO-Pénitentiaire, qui ne participe pas aux négociations avec la Chancellerie, a réagi en appelant "à durcir" les modalités d'action, avec un "dépôt de clés" dans tous les établissements.

Selon l'administration pénitentiaire, ce "dépôt des clés" n'a été effectif qu'à Borgo vendredi, et c'est la gendarmerie qui a assuré l'ordre et la surveillance dans l'établissement, faute de relèves à la mi-journée.

"C'est quelque chose qui n'a pas été fait depuis plus de 20 ans. Le dépôt de clés, c'est la mesure ultime", a commenté auprès de l'AFP Yoann Karar, secrétaire général adjoint de FO pénitentiaire: "Les établissements sont à l'arrêt quand il y a dépôt de clés (...). Quand c'est comme ça, c'est les forces de l'ordre" qui prennent le relais.

Les deux gardiens de Borgo, dont l'un a été plus gravement touché, ont été transférés vers l'hôpital de Bastia où la garde des Sceaux, qui a condamné dans un communiqué une agression "grave" et "intolérable", est arrivée vers 15h45. "Ils sont blessés extrêmement sérieusement", a déclaré Mme Belloubet après sa visite à l'hôpital, jugeant "très choquant et très émouvant" de leur parler.

Elle s'est ensuite rendue à la prison de Borgo où elle s'est entretenue avec les organisations syndicales et le personnel avant d'être sifflée et huée devant l'établissement par une centaine d'agents qui ont refusé de lui parler.

Notant l'"émotion" et la "colère" des personnels, elle s'est engagée à "apporter des réponses" à tous les points soulevés, notamment en matière de sécurité et de gestion des détenus radicalisés.

- Condamné en appel en 2015 -

Elle devait ensuite participer à une réunion à la préfecture de Haute-Corse à Bastia avec des élus locaux. 

La section de recherches de la gendarmerie de Bastia a été chargée de l'enquête ouverte pour tentative d'homicide volontaire, a indiqué la procureure de Bastia Caroline Tharot. Les quatre détenus arrêtés ont été placés en garde à vue et sont en cours d'audition et l'un des deux gardiens blessés a pu être entendu, a-t-elle ajouté.

Le second n'a pas encore pu s'exprimer car il doit être opéré samedi.

A ce stade, 15 jours et 45 jours d'Incapacité totale de travail (ITT) leur ont été prescrits, mais ces périodes pourront être révisées, a-t-elle indiqué, précisant que leur pronostic vital n'était pas engagé.

Une "prise en charge psychologique des patients et de leur entourage" est en cours à l'hôpital de Bastia, selon un communiqué de l'établissement.

Selon la DAP, les deux surveillants ont été attaqués par des détenus de droit commun. Le rôle d'éventuels complices de l'auteur principal des faits, signalé pour radicalisation et sur lequel une enquête avait été ouverte par le parquet de Bastia, reste à préciser.

Selon Maxime Coustie, délégué régional UFAP, ce détenu a crié "Allah Akhbar" en agressant par derrière un surveillant seul dans son bureau. Dans ce centre pénitentiaire, les détenus peuvent circuler dans la prison grâce à "une gestion en porte ouverte" des cellules.

Selon une source proche de l'enquête, l'agresseur principal, condamné en appel en novembre 2015 à huit ans de prison pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, s'est ensuite retranché dans sa cellule avec des complices. L'intervention des gendarmes a finalement permis d'interpeller quatre détenus.

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249 commentaires - Prisons: des négociations sous tension après une nouvelle agression en Corse
  • Elle va encore leur promettre 80 euros pour chaque surveillant poignardé ? Macron et sa bande n'ont encore rien compris.

    La seul solution c'est d'envoyer tous ces radicalisés à Assad !!!

  • La démocratie finira d'exister si l'on n'y veille pas . Les terroristes emprisonnés en sont la preuve , le traitement qui leur est accordé est bien trop laxiste . comment font ils pour se procurer des objets dits contondants ? cela mériterait une meilleur recherche des complices et afin de sécuriser les prisons il serait temps de les traiter comme ils agissent , en clair armer les gardiens de prison et invoquer la légitime défense sans tenir compte de tout ce fatras de règlements dont le seul but est de produire des effets de manche dans des prétoires encombrés .

  • Les gardiens de prisonniers sont autant en prison que ceux qu'ils surveillent, mais il n'ont plus le droit de se défendre. Face à des gens qui n'ont rien à perdre, ils ne font pas le poids, d'autant que leur nombre a diminué au fil des ans et que les prisonniers ont beaucoup plus de droits que de devoirs

  • Parce que nous avons un code justice inadapté à la situation de terrorisme, parce que nous mélangeons droits communs et terroristes, parce que ces derniers n'ont pas leur place en prison au regard des conventions de Genève qui ne reconnait que les "combattants en uniforme " appartenant à une armée régulière d'une nation en conflit ouvert face à une ou plusieurs autres, lesquels combattants bénéficie d'un statut qui les protège de tous mauvais traitement lorsqu'ils viennent à tomber dans les mains ennemies. Tout autre citoyen sera considéré comme espion ou terroriste, et peut être abattu sur place sans autre forme de procès....Procès auquel n'a pas droit un terroriste qui frappe lâchement des victimes non-armées, sans distinction de sexe ou d'âge, pas plus que d'un avocat pour assurer sa défense.
    Le meilleur exemple du traitement appliqué aux terroristes, est celui des Usa, qui disposent d'un lieu d'enfermement ou sont regroupés tous les individus coupables de terrorisme : Guantánamo....
    Exemple dont nous devrions nous inspirer, plutôt que demeurer dans l’ambiguïté permanente et offrir à nos terroristes des cellules et un traitement qui n'ont rien à envier aux services fournis en hôtels 3 étoiles..

    vous devriez passer vos vacances dans ces 3 étoiles......................cela ferait de la place sur la plage

    Moi à la plage...et vous hirsute....au sein d'une famille qui à perdu un de ses membres dans un attentat...et choisissez de préférence une de celle qui à perdu un jeune enfant, comme ceux de Nice par ex...

    les terroristes ne devraient plus être en prison mais dans des camps " spéciaux" et ne plus en ressortir donc je suis d'accord avec Achille

    entièrement d'accord avec vous , merci pour cette intervention .

    Achille bien répondu a hir
    Ceci, oui , j'approuve votre texte,

  • Cette ministre n'est plus à la hauteur pour gérer de telles situations.... il faut bien s'en rendre compte.

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