Prisons : 5 surveillants agressés au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe

Prisons : 5 surveillants agressés au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe
Un surveillant le 30 avril 2013 à la prison d'Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne).

Orange avec AFP, publié le mercredi 28 septembre 2016 à 20h05

Un détenu a violemment agressé cinq surveillants mardi à la prison de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon (Orne). Selon les syndicats, le centre pénitentiaire, spécialisé dans les "détenus difficiles", a connu une quarantaine d'agressions depuis son ouverture.

"Cinq surveillants ont dû faire face à la rage d'un homme lourdement armé d'une équerre métallique pesant 2 kg mesurant 72 cm de long par 27 de large", a expliqué le syndicat FO parlant de "tentative d'homicide".

Le détenu, à l'isolement, s'en est pris aux surveillants équipés de tenues pare-coups et de casques, alors qu'ils ouvraient la porte de sa cellule, a précisé à l'AFP Jean-Paul Chapu, le directeur de la prison, ouverte en mai 2013.

PRÈS D'UNE AGRESSION PAR MOIS

"C'est une agression d'une extrême violence, préméditée, armée. Il reviendra au procureur de la qualifier", a-t-il expliqué. L'équerre utilisée comme arme est un encadrement de grille de cellule disciplinaire, où le détenu, qui purge une longue peine, a séjourné récemment, a ajouté le directeur. "Il a tenté de viser le cou, c'est une tentative d'homicide", a ajouté le secrétaire interrégional FO pénitentiaire du Grand Ouest à France 3 Normandie. Selon le parquet d'Alençon, quatre des surveillants ont déposé plainte. Les surveillants n'ont pas été physiquement blessés, mais ils ont été atteints psychologiquement, selon le directeur.

Emmanuel Guimaraes, délégué FO, a précisé que la prison a connu une quarantaine d'agressions depuis son ouverture, dont une prise d'otage de quatre heures fin 2013. Le 21 septembre dernier, un détenu avait également mis le feu à sa cellule. Mercredi, un autre détenu de Condé a lui été condamné à 18 mois de prison ferme à Alençon pour avoir agressé en août trois surveillants sur lesquels il avait jeté une télé et des plaques chauffantes. Le centre pénitentiaire compte une centaine de détenus pour 214 surveillants sur 350 personnels au total, selon la direction. A son ouverture, Condé-sur-Sarthe était présentée comme la prison la plus moderne de France. Un établissement similaire a ouvert depuis à Vendin-le-Viel (Pas-de-Calais) en 2015.


"Depuis plusieurs semaines, les agressions, les prises d'otage, les mutineries, se multiplient", a ajouté Emmanuel Baudin sur France 3. "En face, on a une administration pénitentiaire et des politiques qui restent sourds. Au vu de l'accélération des événements, on a décidé de lancer dans l'urgence une mobilisation pour ce jeudi 20 septembre". Les personnels pénitentiaires ne disposant pas du droit de grève, des blocages de certains établissements sont prévus dans le grand Ouest. FO réclame le retour à la fouille corporelle systématique et demande à ce que les surveillants soient équipés de pistolets à impulsions électriques dans certains secteurs de la prison. "Le taser permettrait d'avoir moins d'agressions et moins de blessés", affirme Emmanuel Baudin.

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