Première mondiale au CHU d'Amiens : la scoliose d'un enfant opérée sous assistance robotique

Première mondiale au CHU d'Amiens : la scoliose d'un enfant opérée sous assistance robotique
Un garçon de 6 ans vient de bénéficier d'une technique opératoire inédite dans le monde (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le lundi 09 octobre 2017 à 21h45

Le petit Louis (6 ans), atteint d'une scoliose grave, a bénéficié d'une technique opératoire "inédite" le 28 septembre à Amiens (Somme). Grâce à la pose robotisée de vis dans son bassin, le garçon - allongé en permanence depuis six mois - peut de nouveau s'asseoir, mieux respirer, mieux manger et retrouver une vie sociale.

"Il s'agit de deux premières en une", a expliqué devant la presse me Pr Richard Gouron, chef du service chirurgie de l'enfant au CHU d'Amiens.

"Une première en simulation, et une première chirurgicale, la mise en place de vis illio-sacrées à l'aide d'un robot". Les chirurgiens ont préparé pendant un an l'opération. Au SimUsanté, centre de formation rattaché au CHU, ils l'ont simulée deux fois intégralement avec un robot sur un mannequin, parfaitement semblable au dos du garçon, contenant une impression 3D de la colonne vertébrale.



Ils ont ensuite opéré l'enfant le 28 septembre, pendant trois heures, assistés d'un robot composé d'un bras, d'un ordinateur et d'une caméra. "Le chirurgien planifie la chirurgie, le robot porte les instruments et prend en compte les mouvements du patient, apporte de la précision et la vision en trois dimensions", explique Dr Michel Lefranc, neurochirurgien ayant participé au côté d'une quinzaine de personnes à l'opération, très délicate.

L'ENFANT DIT MIEUX RESPIRER

Il s'agissait de poser des vis illio-sacrées et des crochets en haut du dos, reliées par des tiges cintrées pour redresser le dos. La pose des vis de 7mm de diamètre dans un couloir osseux de 8 mm "à proximité des racines nerveuses reste très complexe et rare. Elles sont volumineuses au regard de la petite taille des os de l'enfant", précise l'équipe chirurgicale.



"À chaque simulation, on améliorait le temps (de l'opération)", témoigne le docteur François Deroussen, chirurgien orthopédique pédiatrique à l'origine du projet. "Les incisions sont moins grandes grâce au robot, il y a moins de douleur post-opératoire, et la possibilité pour le patient de s'asseoir plus rapidement" qu'avec la technique conventionnelle classique, poursuit le Pr Richard Gouron.

Louis, dont le dos était courbé à plus de 50% et pour qui les corsets et la rééducation n'étaient plus suffisants, peut désormais se rasseoir et dit mieux respirer. Quatre jeunes patient doivent bénéficier de ce nouveau type de chirurgie dans les prochains mois au CHU Amiens-Picardie.

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