Précarité étudiante : un numéro d'appel pour débloquer les aides d'urgence

Précarité étudiante : un numéro d'appel pour débloquer les aides d'urgence
La ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal le 30 octobre 2019 à Paris.

, publié le mardi 19 novembre 2019 à 11h21

Pour faire face à la précarité étudiante, la secrétaire d'État Frédérique Vidal a annoncé mardi la création d'un numéro d'appel qui leur favoriserait l'accès aux aides d'urgence. Elle a toutefois exclu de revaloriser les bourses, comme le demandent les syndicats.

Des mesures mais pas d'argent.

La ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédéric Vidal, a annoncé mardi 19 novembre sur RTL le lancement d'un numéro d'appel, permettant de débloquer des aides d'urgence pour les étudiants en difficulté financière. Les aides d'urgence, des aides spécifiques personnalisées pour les étudiants en difficulté, ne sont pas toutes "consommées", a indiqué Frédérique Vidal, interrogée sur RTL.



"Il reste chaque année un peu plus de 15 millions d'euros", a-t-elle précisé. Selon l'observatoire de la vie étudiante, environ 5 % des étudiants, soit 125.000, sont en situation de précarité, a indiqué la ministre. Or "à peine 50.000 demandent à bénéficier des aides d'urgence", a-t-elle poursuivi. 

Pas de revalorisation des bourses 

Afin d'aider les jeunes à connaître ces aides et y avoir accès, elle a annoncé la mise en place d'un numéro d'appel, "au plus tard avant la fin de l'année". Les jeunes devraient ainsi pouvoir "prendre un rendez-vous", "avoir accès à une assistante sociale" plus facilement, a-t-elle précisé.  La ministre a en revanche exclu une nouvelle revalorisation des bourses étudiantes. "Nous venons de les augmenter, de remettre 46 millions d'euros supplémentaires", "5,7 milliards d'euros en tout sont consacrés aux aides étudiantes", a-t-elle rappelé.

Le gouvernement travaille aussi à inclure les jeunes dans un futur revenu universel d'activité, en remettant sur la table les barèmes et les montants des bourses, a-t-elle souligné. Frédérique Vidal veut également "faire en sorte que la trêve hivernale s'applique dans les cités universitaires dès à présent". Jusqu'ici, les Crous relevaient du droit commun et la trêve hivernale ne s'appliquait pas.


Mais les syndicats étudiants, la Fage et l'Unef, exigent, eux, une réévaluation urgente des bourses universitaires. "Nous demandons une revalorisation de 20 % des montants", souligne la présidente de l'Unef, Mélanie Luce. Pour "maintenir la pression", le syndicat appelle à participer aux mobilisations du 5 décembre. "Il y a des choses intéressantes" dans les annonces de la ministre, souligne de son côté la présidente de la Fage, Orlane François. "Mais c'est largement insuffisant".

Une réunion des organisations étudiantes qui s'est tenue lundi soir devrait aboutir à une "motion commune", réclamant une hausse de l'investissement public dans l'Enseignement supérieur. Le sujet de la précarité étudiante est revenue la semaine dernière sur le devant de la scène après la tentative d'immolation d'un étudiant de 22 ans à Lyon qui a provoqué des mobilisations sur les campus. "Il est toujours dans un état critique, en coma artificiel", "son état est stabilisé mais il reste très gravement atteint", a indiqué mardi Frédérique Vidal.
 

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