Pour le braqueur Redoine Faïd, la cavale s'annonce "compliquée"

Pour le braqueur Redoine Faïd, la cavale s'annonce "compliquée"
Reproduction de la fiche de Redoine Faïd sur le site d'Interpol, à Paris le 15 avril 2013

AFP, publié le lundi 02 juillet 2018 à 20h31

Devenu l'homme le plus recherché de France après son évasion dimanche de la prison de Réau (Seine-et-Marne), Redoine Faïd aura besoin dans sa cavale d'importants appuis, tant matériels qu'humains, pour échapper aux forces de l'ordre à ses trousses.

Le nouveau "roi de l'évasion", qui il y a cinq ans s'était échappé de la prison de Lille-Sequedin, avant d'être repris six semaines plus tard dans un hôtel de la banlieue parisienne, a-t-il appris de ses erreurs?

Pour Jean-Claude Pautot, ex-braqueur passé par les cases "prison-évasion-cavale" et depuis rangé des voitures, le braqueur multi-récidiviste a réalisé "un suicide lucide". 

"Coupable ou innocent, la prison est une mort sociale mais tous les gens qui sont partis comme ça, dans les 18 mois, ils reviennent. L'Etat n'aime pas prendre des claques donc il met des moyens énormes", observe M. Pautot, devenu artiste-peintre et co-auteur de la BD "Face au Mur".

"Il va y avoir un gros travail de téléphonie, sur l'entourage. On va faire chauffer les +tontons+ (indics)", glisse une source policière. Dès dimanche, Beauvau promettait la mobilisation de "tous les moyens" pour "localiser le fugitif".

Condamné deux fois aux assises en 2017, Redoine Faïd avait été condamné en appel en avril à 25 ans de réclusion pour un braquage raté dans le Val-de-Marne, qui avait coûté la vie en 2010 à une policière municipale.

Les policiers "vont travailler sur toutes les personnes qui l'ont approché et leurs relations. Ils vont faire un travail de fourmi et un jour ou l'autre, c'est mort", continue M. Pautot, qui s'était évadé d'une prison lyonnaise en 1983 avant d'être repris 18 mois plus tard. 

Il prendra à nouveau la poudre d'escampette au carrefour des années 2000, avant d'être cueilli en Allemagne par la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) en 2009. "Au bout de 10 ans, je ne pensais pas que c'était gagné. Une faute, on la commet toujours et ils ont attendu le temps qu'il fallait", dit M. Pautot.

Pour Jérôme Pierrat, journaliste spécialiste de la grande criminalité et auteur d'un livre avec Redoine Faïd en 2010, "le moindre fait et geste en cavale demande l'aide de quelqu'un".

"Ca demande de l'argent, des faux papiers. Le coût d'une cavale est monstrueux. (...) Soit il a un trésor de guerre, soit il va être obligé de faire de nouveaux braquages, et ça peut être d'ailleurs l'une des motivations des gens qui l'aident", souligne M. Pierrat.

Comme Jean-Claude Pautot, Jérôme Pierrat estime que tenir une cavale "sur le long terme est très compliqué" d'autant que le personnage est l'objet une médiatisation hors normes qui dépasse les frontières hexagonales.

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