"Pour la survie de notre pays" : des militaires en activité publient une nouvelle tribune

"Pour la survie de notre pays" : des militaires en activité publient une nouvelle tribune
(Photo d'illustration)

publié le lundi 10 mai 2021 à 12h55

Après un premier texte controversée, Valeurs actuelles a publié dimanche soir une nouvelle tribune de militaires, cette fois en activité, qui appellent le président, les ministres, les parlementaires et officiers généraux à agir pour "la survie de notre pays". 

Près de trois semaines après avoir publié une première tribune de militaires, Valeurs actuelles persiste et signe. L'hebdomadaire a publié dimanche soir 9 mai une nouvelle tribune de militaires, lancée cette fois par des militaires d'active, et ouverte aux signatures.

Adressé au président de la République, ministres, parlementaires et officiers généraux, ce texte réunissait lundi matin plus de 30.000 signatures, selon l'AFP et la direction du journal. 




Valeurs Actuelles avait publié le 21 avril une tribune choc dans laquelle "une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d'un millier d'autres militaires", appelaient le président Emmanuel Macron à défendre le patriotisme, et se disaient "disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation". "Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s'installer dans l'espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme", écrivent les auteurs de cette tribune, qui disent être "entrés récemment dans la carrière".

"Nous sommes de ce que les journaux ont nommé 'la génération du feu'. Hommes et femmes, militaires en activité, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les sensibilités, nous aimons notre pays. Ce sont nos seuls titres de gloire. Et si nous ne pouvons pas, réglementairement, nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire", écrivent-ils pour se présenter. "Nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, c'est un constat professionnel que nous livrons", précisent-ils. 

"Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre d'entre nous ont connu le feu ennemi. Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l'islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol", disent les auteurs . "Presque tous, nous avons connu l'opération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance. Nous avons subi les tentatives d'instrumentalisation de plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien -rien qu'un objet de sarcasmes, de mépris voire de haine".


"Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne s'agit pas, cette fois, d'émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s'agit pas de prolonger vos mandats ou d'en conquérir d'autres. Il s'agit de la survie de notre pays, de votre pays", concluent-ils. 

"Rappel ferme"

Ces déclarations, assez proches de l'argumentaire développé par le parti Rassemblement national de Marine Le Pen, ont été accueillies froidement au sein de l'état-major des armées, qui tient à se démarquer de ces propos. "Un rappel ferme sera fait par le commandement sur le respect du devoir de réserve" car "l'apolitisme fait notre crédibilité et la cohésion est ce qui fait notre force", a déclaré lundi à l'AFP un haut gradé de l'état-major. "On peut avoir des convictions personnelles mais les armées sont apolitiques et d'une fidélité absolue au Président élu, elles sont subordonnées au chef des armées. Si on a des états d'âme, il faut quitter l'armée en conscience".

Le précédent texte avait déclenché une vive controverse dans la classe politique, certain y dénonçant un quasi-appel à l'insurrection quand d'autres saluaient un sursaut salutaire. Le Premier ministre Jean Castex a dénoncé une initiative "contraire à tous nos principes républicains" et accusé le RN, qui avait appelé les signataires à soutenir son action, de "récupération politique". La ministre des Armées a réclamé que des sanctions soient prises contre les signataires, qu'ils soient d'active ou à la retraite.

Ce que dénoncent ces militaires dimanche. "Pour ergoter sur la forme de la tribune de nos aînés au lieu de reconnaître l'évidence de leurs constats, il faut être bien lâche. Pour invoquer un devoir de réserve mal interprété dans le but de faire taire des citoyens français, il faut être bien fourbe. Pour encourager les cadres dirigeants de l'armée à prendre position et à s'exposer, avant de les sanctionner rageusement dès qu'ils écrivent autre chose que des récits de batailles, il faut être bien pervers."

Saisi par des parlementaires de la France insoumise, le procureur de Paris Rémy Heitz avait rejeté la demande d'engager des poursuites visant les auteurs et diffuseurs de la tribune car "aucune infraction pénale" n'y figure.


 

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