Pour Brigitte Bardot, les Réunionnais sont "une population dégénérée"

Pour Brigitte Bardot, les Réunionnais sont "une population dégénérée"
Brigitte Bardot le

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 19 mars 2019 à 18h38

"Population dégénérée", "traditions barbares", "île démoniaque" : Brigitte Bardot s'en prend violemment aux habitants de l'île de La Réunion dans une lettre ouverte au préfet, leur reprochant de maltraiter les animaux. Ses propos ont été fermement condamnés par la ministre des Outre-mer.

Dans un courrier adressé à la préfecture de la Réunion et daté du lundi 18 mars, Brigitte Bardot accuse les Réunionnais de barbarie envers les animaux, évoquant "leurs gênes de sauvages" et "une population dégénérée".

Des propos qui ont fait réagir la ministre des Outre-mer Annick Girardin, dénonçant un "racisme ordinaire". 

"Si ce courrier est authentique, il appelle une réponse claire : le préfet de La Réunion déposera dès demain une plainte à laquelle je m'associerai", a écrit la ministre des Outre-mer Annick Girardin dans un tweet. "Le racisme ordinaire n'a pas sa place dans le débat d'idées", a ajouté la ministre, actuellement en déplacement à La Réunion pour faire le bilan de ses engagements, trois mois après le mouvement des "gilets jaunes" dans l'île. Contacté par La1ère.fr, la chaîne du service public consacrée à l'outtre-mer, la fondation Brigitte Bardot confirme que c'est bien sa fondatrice qui a écrit le courrier. 


 


"Les autochtones ont gardé leurs gênes (sic) de sauvages", écrit l'ancienne actrice dans sa lettre rendue publique mardi, accusant les Réunionnais de "barbarie" à l'encontre des animaux. Dans ce courrier, très virulent, Brigitte Bardot, 84 ans, évoque pêle-mêle "des réminiscences de cannibalisme des siècles passés", "une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches".

La militante de la cause animale, condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, notamment pour des propos tenus contre les musulmans, parle encore d'une "île démoniaque" et pointe du doigt le sort prétendument réservé aux chiens et aux chats, ainsi que les "fêtes indiennes Tamoul avec décapitations de chèvres et boucs en offrande à leurs Dieux et dont les abats jetés à la mer attirent les requins".


"Vous combattez une cruauté contre une espèce mais l'utilisez d'une autre manière contre vos semblables"

Sur Twitter, la sénatrice UDI de la Réunion Nassimah Dindar a aussitôt réagi: "Mme @brigitte_bardot la maltraitance animale est inadmissible, l'outrance et l'injure tout autant ! Qui d'entre les Réunionnais et vous est le plus 'sauvage'"?", a-t-elle demandé.


"Vos propos méprisants démontrent une totale méconnaissance des Réunionnais et votre propension, encore, à l'inhumanité", a de son côté twitté la députée PS de La Réunion, Ericka Bareigts. "Vous desservez une juste cause. Vous combattez une cruauté contre une espèce mais l'utilisez d'une autre manière contre vos semblables", ajoute-t-elle.


"Êtes vous donc née avant la honte @brigitte_bardot ? Quelle indignité ! Aucun combat, aussi noble soit-il ne saurait justifier de tels dérapages", a renchéri le député LFI de Guyane Gabriel Serville. 


Sur les réseaux sociaux, de très nombreux Réunionnais ont dénoncé son "racisme décomplexé", et "une incitation à la haine raciale".



L'ancienne icône du cinéma français a notamment été condamnée pour des propos contre la population musulmane qui selon elle "nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes", ou encore contre "des clandestins ou des gueux (qui) profanent et prennent d'assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines".
 

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