Porte-avions Charles-de-Gaulle : "pas de faute" à l'origine de la contamination massive au coronavirus, selon Florence Parly

Porte-avions Charles-de-Gaulle : "pas de faute" à l'origine de la contamination massive au coronavirus, selon Florence Parly
"L'escale à Brest n'est pas la cause de la première introduction du virus à bord", a commenté Florence Parly.

, publié le lundi 11 mai 2020 à 18h39

La ministres des Armées a livré ce lundi 11 mai les conclusions des enquêtes. 

Des "erreurs" mais "pas de faute" sont à l'origine de la contamination massive à bord du Charles de Gaulle. Les deux-tiers de l'équipage du porte-avions, soit 1.046 marins sur 1.760, ont été testés positifs à leur retour en France mi-avril.

Selon la ministre des Armées Florence Parly ce lundi 11 mai, le commandement du porte-avions et son équipe médicale ont eu une "confiance excessive" dans la capacité du bâtiment et de son escorte "à faire face au coronavirus".



La ministre des Armées a livré, devant la commission Défense de l'Assemblée nationale, les conclusions de deux enquêtes - l'une épidémiologique, l'autre de commandement - sur la contamination à bord du Charles de Gaulle. "Tous sont désormais guéris et ont rejoint leur famille, à l'exception d'un marin toujours hospitalisé après être sorti de réanimation", a affirmé Florence Parly.

Revenant sur la chronologie de contamination, la ministre a précisé que le Covid-19 avait été introduit pour la première fois à bord du porte-avions en Méditerranée, avant une escale à Brest mi-mars, où il a été réintroduit à bord. Après une escale du porte-avions français du 21 au 26 février au port de Limassol, à Chypre, des "mouvements aériens ont amené jusqu'à lui du personnel en renfort, en relève ou revenant à bord", "depuis Chypre, la Sicile, les Baléares, l'Espagne continentale et le Portugal".

"C'est à l'occasion d'un de ces mouvements" en Méditerranée, "après Chypre et avant l'escale de Brest (du 13 au 16 mars), que l'enquête situe les premières introductions du virus à bord", a-telle souligné. "L'escale à Brest n'est donc pas la cause de la première introduction du virus à bord", a commenté Florence Parly. Pour rappel, cette escale était au coeur des soupçons, des accusations ciblaient certains marins qui n'y auraient pas respecté les mesures de distanciation physique et se seraient mêlés à d'autres, issus d'autres pays.

Un "excès de confiance du commandement"


Toutefois, la "réintroduction" du virus à Brest a été un "facteur d'accélération de sa propagation", selon l'enquête, même si "des mesures de distanciation ont été prises à la suite de l'escale à Brest", et "ont considérablement ralenti la propagation du virus au sein de l'équipage", a souligné la ministre. "Le revers, c'est qu'elles ont beaucoup pesé et sur les liens de commandement et le moral de l'équipage", a-t-elle fait valoir.

Ainsi, a-t-elle détaillé, "au terme de la quatorzaine imposée à bord et en l'absence de cas identifié, le 30 mars, le commandement a pris la décision d'assouplir les mesures de distanciation très strictes", notamment en rétablissant les briefings et en autorisant un concert à bord le 30 mars.


"Cette décision a été provoquée d'une part en raison de la baisse de moral de l'équipage et d'autre part, sans doute, par un excès de confiance du commandement ainsi que de son service médical dans la maîtrise de la situation", a commenté Florence Parly. Toutefois, d'après l'enquête, "le commandement a toujours eu le souci de la santé de son équipage" et "a constamment veillé à prévenir ce risque sur la base des infos dont il disposait", a insisté la ministre.

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