Polynésie française : pas de nouveau confinement "à ce stade"

Polynésie française : pas de nouveau confinement "à ce stade"
La plage de Teahupoo à Tahiti.

, publié le samedi 31 octobre 2020 à 09h30

Le couvre-feu a été maintenu et de nouvelles mesures visant à limiter les rassemblements ont été prises. 

Malgré la dégradation des indicateurs sanitaires, la Polynésie française a décidé de ne pas décréter "à ce stade" de nouveau confinement contre le Covid-19. Les frontières vont également rester ouvertes. "Un confinement, comme nous l'avons vécu en avril dernier, serait un nouveau blocage de la vie quotidienne dans notre pays : arrêt du travail, arrêt des déplacements, arrêt de nos écoles, des cultes... ce serait une catastrophe économique et sociale pour tous les Polynésiens", a annoncé vendredi le président polynésien Edouard Fritch.

Les frontières restent ouvertes pour permettre aux touristes de continuer à venir, même si le haut-commissaire Dominique Sorain a souligné un "effondrement de l'activité touristique", pilier de l'économie locale, qui entraîne dans sa chute une baisse du PIB de 10%.



Le haut-commissaire et le président ont en revanche maintenu le couvre-feu et durci d'autres mesures visant à limiter les rassemblements : les salles de fêtes et de réunions sont ainsi toutes fermées. Les bars et les établissements sportifs couverts restent également fermés. "C'est l'ultime étape avant le confinement, nous sommes sur une ligne de crête" a prévenu le haut-commissaire, qui a exhorté la population à mieux respecter les gestes barrières, même en famille, et à reporter les fêtes familiales et amicales.

Dans cette collectivité d'outre-mer, le taux d'incidence est de 884 à Tahiti et Moorea, un taux largement supérieur à celui de la métropole. En outre, il "a été multiplié par 4 à 5 en quatre semaines" a indiqué le ministère de la Santé local, selon qui 50% des patients testés sont positifs. Les personnes qui ne présentent aucun symptôme ne sont plus testées : le nombre de cas positif est donc bien supérieur aux chiffres officiels. "Avec plus de 400 nouveaux cas positifs par jour ce dernier mois, la Polynésie s'est hissée, malheureusement pour nous, parmi les pays au plus haut taux d'infection du monde" a reconnu Edouard Fritch vendredi lors d'un point presse. 

Sans fléchissement de la courbe épidémique, l'hôpital pourrait arriver à saturation dès le mois de novembre. Il a sollicité la réserve sanitaire nationale, d'autant plus que 7 à 8% des soignants ont déjà été contaminés, selon sa directrice Claude Panero. Le plan blanc activé par le Centre hospitalier de la Polynésie française a déjà coûté plus de huit millions d'euros. Trente-trois patients sont décédés du Covid-19 dans ce territoire d'outre-mer.

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