Pollution au plomb autour de Notre-Dame : "aucun risque pour la santé", assure la mairie

Pollution au plomb autour de Notre-Dame : "aucun risque pour la santé", assure la mairie
La cathédrale de Notre-Dame le 13 juillet 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 18 juillet 2019 à 17h52

La mairie de Paris a assuré jeudi qu'il n'y avait "aucun risque pour la santé" des enfants dans les écoles autour de Notre-Dame-de-Paris, démentant les informations de Mediapart selon lesquelles des taux de concentration de plomb dangereux y ont été relevés après l'incendie de la cathédrale.

Le premier adjoint de la maire de Paris Emmanuel Grégoire a affirmé jeudi 18 juillet qu'"aucun risque pour la santé" n'existait pour les écoles à proximité de Notre-Dame-de-Paris. Il contredit ainsi les révélations de Mediapart selon lesquelles des taux dangereux de concentration de plomb y ont été relevés après l'incendie de l'édifice dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 avril. 

Les prélèvements effectués dans ces établissements ne justifient "aucune alerte", a affirmé Arnaud Gauthier, sous-directeur de la santé à la mairie de Paris, se défendant d'avoir passé sous silence toute pollution, trois mois après l'incendie.

"De nouvelles mesures vont être réalisées durant l'été" ainsi qu'un "nettoyage approfondi" et "aucune crèche ou école ne rouvrira s'il y a un risque", a-t-il rassuré, au cours d'une conférence de presse commune avec l'Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, la Préfecture de police et la Direction régionale des affaires culturelles d'Île-de-France, convoquée en urgence suite aux informations de Mediapart.

Des taux parfois dix fois supérieurs au seuil d'alerte ? 

"S'il y avait le moindre risque, non seulement les écoles n'auraient pas rouvert mais ne rouvriraient pas à la rentrée", a renchéri le premier adjoint de la maire de Paris Emmanuel Grégoire. Selon le premier adjoint, cette mesure est "annuelle" et n'a "rien à voir strictement avec l'incendie".


Mediapart affirme dans son enquête publiée jeudi que des taux de concentration au plomb, parfois dix fois supérieurs au seuil d'alerte (70 microgrammes par mètre carré) "ont été relevés dans des écoles proches de l'édifice". Le site accuse la mairie de de pas avoir "effectué de nettoyage en profondeur des lieux". Une exposition chronique à des niveaux trop élevés de plomb, par inhalation ou par ingestion, peut entraîner des troubles digestifs, une perturbation du fonctionnement des reins, des lésions du système nerveux ou encore des anomalies au niveau de la reproduction.

La méthode mise en cause par Mediapart

"Je rappelle que le seuil de fermeture, éventuellement, c'est 1.000 microgrammes par mètre carré, parce que c'est le seul seuil légal qui existe", a réagi Emmanuel Grégoire. "Il y a un seuil de vigilance de 70 microgrammes par mètre carré, qui est une mesure de moyenne arithmétique dans des bâtiments, et donc quand on les dépasse, on doit mettre en place un certain nombre de mesures, mais enfin il n'y a aucun risque pour la santé", a-t-il argué.


Pour Mediapart cependant, "le seuil de 1 000 microgrammes par mètres carré concerne les bâtiments où des travaux ont été exécutés et où une vérification en fin de chantier s'impose pour s'assurer que le risque d'exposition au plomb a bien été éliminé." "Donc seul fait référence le seuil de 70 microgrammes par mètre carré, qui concerne la contamination des lieux de vie et qui nécessite une intervention immédiate de nettoyage en profondeur", ajoute le média en ligne.



"Nous avons correctement fait les choses avec l'Agence régionale de santé, avec la Préfecture de police, que les parents soient rassurés", a rétorqué Emmanuel Grégoire. Le nettoyage approfondi des écoles, réalisé d'ici fin juillet "comme c'est prévu tout le temps l'été, permettra de faire baisser probablement très sensiblement les taux moyens, qui aujourd'hui ne doivent déclencher aucune inquiétude de nature sanitaire pour les enfants qui fréquentent les établissements", a assuré l'élu.

"Il n'y a pas de sujet caché" 

Ce seuil de 70 microgrammes de plomb par mètre carré fixé par le Haut conseil de santé publique (HCSP) n'est pas un seuil réglementaire mais doit inciter au dépistage des populations. Selon l'ARS, l'utilisation d'une moyenne de tous les relevés effectués dans une école correspond aux recommandations du HCSP pour refléter l'exposition réelle des enfants au cours d'une journée de classe, alors que Mediapart met en cause cette méthode.

L'autorité sanitaire estime par ailleurs que même les relevés ponctuels les plus élevés (environ 700 µg/m2) n'étaient pas alarmants car ils restaient en deçà de 1.000 µg/m2, autre seuil, réglementaire celui-là, utilisé pour autoriser des familles avec enfants à regagner leur logement après des travaux. "Il n'y a pas de sujet caché", a assuré Aurélien Rousseau, directeur général de l'ARS Ile-de-France. L'agence francilienne précise qu'il n'existe "pas de seuil réglementaire immédiatement applicable à la situation".

Passe d'armes entre Danielle Simonnet et Emmanuel Grégoire

L'affaire a donné lieu à une passe d'armes sur Twitter entre la conseillère de Paris LFI Danielle Simonnet et le premier adjoint d'Anne Hidalgo. "Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo a donc menti à la presse, niant les taux de plomb importants relevés dans les écoles à proximité de Notre-Dame, et mettant les enfants en danger", a écrit la première. 

 


"Il n'y a aucun danger. Nous avons scrupuleusement respecté les recommandations de l'ARS et du Haut Conseil de Santé Publique. Nous ne prenons aucun risque avec la santé de nos enfants. Vos propos sont indignes. Vos manipulations habituelles", a riposté Emmanuel Grégoire. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.