Pollution au diesel : les effets néfastes sur le fœtus

Pollution au diesel : les effets néfastes sur le fœtus
Une femme enceinte auscultée par un médecin à Tirana, en Albanie, le 20 avril 2015 (illustration).

, publié le mardi 02 août 2016 à 18h06

- Pour la première fois, une étude, effectuée sur des lapines en gestation, montre que les nanoparticules des gaz d'échappement affectent le développement du fœtus. -

Après l'asthme, les cancers et les maladies cardio-vasculaires résultant d'un contact trop fréquent avec des gaz d'échappement, une étude, coordonnée par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), pointe pour la première fois les méfaits de la pollution au diesel sur le placenta et le développement du fœtus.

Des chercheurs ont déterminé que, lorsque des lapines en gestation sont exposées à des gaz d'échappement de moteur diesel, pourtant muni de filtre à particules, la pollution traverse leur placenta, proche de celui de l'être humain, et affecte le développement du fœtus.

Selon les résultats de cette étude, publiée le 26 juillet dans la revue "Particle and fibre technology", les nanoparticules de diesel inhalées sont capables d'atteindre le sang fœtal, ce qui entraîne des problèmes de croissance et de métabolisme. L'équipe de recherche franco-néerlandaise a exposé 28 lapines en gestation à des gaz d'échappement de moteur diesel filtrés ou à l'air pur. Les femelles ont été séparées en deux groupes. L'un exposé deux heures par jour, cinq jours par semaine, à un "air pollué" comparable à celui d'un pic de pollution dans une grande ville. L'autre groupe a été exposé sur les mêmes durées à un "air pur". Le tout du 3e au 27e jour de gestation (sur un total de 31 jours).

UNE TÊTE PLUS PETITE

"Cela correspond à l'exposition journalière d'une femme habitant près d'une grande artère et soumise matin et soir aux gaz d'échappement lors d'un pic de pollution, précise au "Figaro" Pascale Chavatte-Palmer, directrice de recherche à l'Inra. Certes, il n'y a jamais eu à Paris de pic de pollution durant neuf mois, mais ils peuvent durer plusieurs semaines. Et nous sommes largement en-dessous de ce qui se passe dans des villes comme Shanghai !", souligne la chercheuse.

À la moitié de la gestation, des signes de retard de croissance apparaissent. "Les petits lapins sont nés avec une réduction de l'ordre de 4% de la taille de la tête. Ils avaient aussi tendance à avoir un tour de taille plus réduit. Ce qui correspond tout à fait à ce qui est constaté chez l'homme" victime de la pollution, rapporte Pascale Chavatte-Palmer.

L'Inra rappelle également, dans un communiqué, que "les pics de pollution aux particules fines sont de plus en plus fréquents et intenses", et souligne que si les particules fines (d'un diamètre supérieur à 100 nanomètres) sont soumises à réglementation, les nanoparticules (d'un diamètre inférieur à 100 nanomètres) ne le sont pas. Alors qu'elles sont aussi présentes dans les gaz d'échappement diesel.

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