Policiers tués à Magnanville : 3 proches de Larossi Abballa en garde à vue

Policiers tués à Magnanville : 3 proches de Larossi Abballa en garde à vue
Le procureur de la République, François Molins, ce lundi 14 juin 2016.

, publié le mardi 14 juin 2016 à 17h46

- Trois personnes ont été placées en garde à vue ce mardi dans le cadre de l'enquête antiterroriste ouverte après le meurtre d'un couple de policiers à Magnanville (Yvelines). Les trois individus sont tous présentés comme des membres de l'entourage du meurtrier, Larossi Abballa.

-

Comment l'attaque a-t-elle été préparée ? Quels liens le meurtrier avait-il avec la mouvance radicale ? Les enquêteurs tentent de reconstituer le drame qui s'est déroulé au domicile d'un policier et de sa compagne tués, lundi soir peu après 20h, dans un quartier pavillonnaire de Magnanville (Yvelines). Ils cherchent également à déterminer si l'homme a pu bénéficier de complicités dans la préparation des deux meurtres. A ce stade, trois personnes, membres de l'entourage du tueur ont été placées en garde à vue. Ils sont âgés de 27, 29 et 44 ans. L'un des trois hommes figure également parmi les huit membres de la filière jihadiste, condamnés en 2013.

L'attaque, perpétrée par un homme de 25 ans abattu par le Raid et se revendiquant du groupe État islamique (EI), est inédite en France : elle vise pour la première fois des cibles policières à leur domicile. Dans la maison des victimes, les enquêteurs ont retrouvé "une liste de cibles", mentionnant des personnalités, des rappeurs, des journalistes et des policiers, a confirmé ce mardi après-midi le procureur de la République, François Molins.

AUCUNE ARME NI EXPLOSIF RETROUVÉ AU DOMICILE DU TUEUR

Originaire de Mantes-la-Jolie, Larossi Abballa entretenait depuis plusieurs années des liens avec la mouvance radicale et était déjà connu des services antiterroriste. Il avait été condamné en 2013 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour participation à une filière d'envoi de candidats au jihad vers le Pakistan. Il avait été libéré à l'issue de son procès en septembre 2013, ayant effectué l'intégralité de sa peine en détention provisoire. Son sursis était accompagné d'une mise à l'épreuve de deux ans qui s'est achevée le 30 novembre 2015. "Aucun incident n'a été relevé" pendant cette période, a noté François Molins, lors de sa conférence de presse. 



Son nom réapparaît dans le cadre d'une information judiciaire, ouverte le 11 février 2016 et conduite par un magistrat antiterroriste, sur une filière de départs vers la Syrie. Une trentaine de lignes téléphoniques sont alors mises sur écoutes, "dont plusieurs attribuées à Larossi Abballa", a relevé François Molins. Ces écoutes n'ont "pas permis à ce jour de déceler le moindre élément" sur "la préparation et un passage à l'acte violent", a-t-il ajouté. Aucune arme ni explosif n'a été retrouvé au domicile de l'assaillant.

François Hollande a affirmé mardi que la vigilance contre le terrorisme était "portée à son niveau maximal", indiquant qu'il avait souhaité que "des moyens supplémentaires puissent être déployés", après l'assassinat d'un couple de fonctionnaires de police, à Magnanville (Yvelines). Le chef de l'État a par ailleurs indiqué que les deux enfants du couple seraient fait "pupilles de la Nation".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.