Policiers tués : "À aucun moment je ne l'ai senti radicalisé", confie l'ex-petite amie de Larossi Abballa

Policiers tués : "À aucun moment je ne l'ai senti radicalisé", confie l'ex-petite amie de Larossi Abballa

Capture d'écran d'une vidéo de l'Amaq, affiliée à l'État islamique, de Larossi Abballa.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 15 juin 2016 à 09h23

- Après le double meurtre de Magnanville, l'ex-petite amie du tueur Larossi Abballa s'est confiée sur France Info. La jeune femme explique que son passage en prison l'avait changé.

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"J'ai soif de sang. Allah m'en est témoin", écrivait-il à un ami en 2011. Larossi Abballa, qui a tué lundi soir le commandant de police Jean-Baptiste et sa compagne Jessica au nom du jihad avant d'être abattu, ne cachait pas son désir de commettre des actions violentes en France. Pourtant, quasiment personne ne s'en doutait. À commencer par son ex-petite amie. Deux jours après le double meurtre de Magnanville, elle s'est confiée ce mercredi 15 juin à France Info.

La jeune femme, agent administratif dans une collectivité des Yvelines, avait rencontré Abballa à la cité des Musiciens, aux Mureaux (Yvelines), et l'avait fréquenté cinq ans avant de rompre. Après leur rupture, ils étaient restés très proches, échangeant notamment beaucoup au téléphone et sur les réseaux sociaux. Celle qui se présente comme "la première et dernière petite amie" du jeune homme de 25 ans, le décrit comme "un petit jeune de quartier qui pensait à s'amuser, à faire la fête.". "Il aimait toujours être bien habillé, coiffé, il aimait ce côté beau gosse", assure-t-elle.

"IL ÉTAIT NORMAL"

"Après il a changé, mais dans le bon sens", affirme-t-elle. "Après moi, explique la jeune fille, il y a eu la religion. Il s'est rapproché de Dieu, il a voulu faire ses prières correctement. Ça ne m'a pas effrayée parce qu'il était normal. Il me disait juste qu'il aimerait qu'un jour je devienne comme lui, que je porterai le voile. Mais à aucun moment il ne m'a jugée, ni n'a pas arrêté de parler avec moi parce que je n'étais pas voilée ou parce que j'avais un jean troué ou un cuir... À aucun moment."

"À aucun moment je ne l'ai senti radicalisé", martèle-t-elle. Elle avait toutefois noté un changement de comportement à sa sortie de prison. Condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan à trois ans de prison, "il s'était beaucoup isolé" à sa sortie. "Il préférait prendre ses distances. Il n'avait plus les mêmes amis qu'avant", se souvient-elle.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, il lui disait : "Tu as vu comment les médias parlent de notre religion ? Ce ne sont pas de vrais musulmans qui ont fait ça... C'est du n'importe quoi!"

Sa récente mise sur écoute dans le cadre d'une enquête sur une filière jihadiste syrienne n'était pas un secret. C'était même une source de plaisanterie pour lui, révèle son ancienne petite amie. "Il m'avait dit qu'il était sur écoute par rapport à son ancienne condamnation, qu'il avait une fiche S. Ça le faisait rire".

Son dernier contact avec lui remonte à trois jours : il m'a dit "'Il faut que je te voie dix minutes et qu'on se parle', mais je ne pouvais pas. Je n'ai plus eu de nouvelles ensuite. Avant-hier, je l'ai rappelé, mais son numéro ne fonctionnait plus. Comme si sa ligne avait été résiliée." C'est via les médias que la jeune fille apprendra que son ancien petit copain a vraisemblablement assassiné un couple de policiers.

"SUR LA RELIGION, IL PARAISSAIT OUVERT"

Tout comme la jeune femme, Hakim (le prénom a été changé), l'un des amis d'enfance d'Abballa, est tombé des nues quand il a appris la nouvelle. "Je sais pas pourquoi, mais j'imaginais que le gars qui avait pu faire ça, c'était un vieux à moitié fou. Pas un jeune comme lui", confie-t-il au Parisien. Le jeune homme, qui a fait "les 400 coups, vols et compagnie, ce genre de bêtises de gamin qu'on a laissé derrière nous", a grandi avec Abballa quartier Chopin, dans la cité des Musiciens.

Contrairement à l'ex-petite amie du tueur, Hakim n'a rien remarqué à sa sortie de prison, "à part sa barbe". "C'était un marrant, toujours à vanner. Même sur la religion. Il paraissait ouvert. Vous pouviez manger du bacon à côté de lui, s'il vous faisait une remarque, c'était sur le ton de la rigolade en vous lâchant une blague sur les cochons ou un truc du genre". Pour autant, selon lui, c'est lors de son incarcération que tout a basculé. "Bien sûr que c'est quelque chose qui l'a blessé. Après, je pense qu'il gardait tout ça au fond de lui". "On pourra dire tout ce qu'on veut, mais l'origine de ça, c'est ni l'État islamique, ni la faute des musulmans, martèle Hakim. Tout se joue au niveau de l'individu, dans la tête des gens et c'est très difficile à détecter. C'est bien Larossi Abballa qui a fait ça. Un garçon qui pouvait parler avec vous, comme ça, sans rien montrer. On ne peut pas pardonner un tel acte. Mais ça ne m'empêche pas d'être triste pour lui aussi."

Abballa, qui vivait au dernier étage d'un petit immeuble résidentiel du quartier sensible du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, savait rester discret. En janvier dernier, il monte une entreprise de livraison nocturne de sandwichs halal, "Dr Food", dont il vante les mérites sur les réseaux sociaux : "Hey op c'est parti pour une soirée de livraison lol", "#pasdesurgelés"."C'était un livreur de sandwichs, jusque tard le soir, une personne super gentille. Jogging, à la cool. Ce qu'il a fait c'est incompréhensible", a raconté un voisin à l'AFP. "Je ne l'ai jamais vu à la mosquée", ajoutait-il "ce qu'il a fait ne relève pas d'un musulman". Abballa n'a "jamais" parlé de jihad ou de l'EI, assurait encore, évasif, un autre habitant du quartier, un "ami proche" qui l'a vu encore en mai. "Après sa condamnation, il a travaillé, il a eu des petites copines comme tout le monde..."
 
139 commentaires - Policiers tués : "À aucun moment je ne l'ai senti radicalisé", confie l'ex-petite amie de Larossi Abballa
  • Et parce qu'en plus , il avait " une petite amie " ..qui se ressemble , s'assemble ! .. pas bien reluisant ! .. Pauvre France !

  • tout le temps les mêmes paroles. Si ils n'ont rien vu c'est qu'ils ne veulent pas voir. Alors qu'on les juges pour complicité passive et mise en danger de la vie d'autrui par nonchalance . Mais notre justice est beaucoup trop tendre .

  • Un terroriste c'est perpet en prison , trois ans c'est comique !! prisons spéciales, cellules à deux pas plus ! et en avant pour l'éternité !! ( travaux forcés éventuellement.., pour la ligne !), quant aux sentiments des proches on s'en tape !

  • Incroyable, mon message précédent a été supprimé pour avoir écrit que tous ces crimes sont signés par des hommes qui se réclament d'un islamisme radical, une idéologie destructrice qui veut faire régner le califat sur terre!

  • c'est insupportable, d'entendre à chaque fois les mêmes témoignages concernant ces sauvages :
    il était gentil, il était normal, c'était un bon garçon, on aurait jamais pensé qu'il aurait pu faire ça ..."
    non ! ce sont des monstres ! sans aucune circonstance atténuante !

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